14/09/2011

Les « Printemps arabes » et leurs enjeux. Perspectives sur la diplomatie américaine





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Les révolutions qui ébranlent les assises des régimes autocratiques du Proche Orient démontrent la pertinence du concept de « memes » (anglais) utilisé par Nicholas J. Cull en 2008 et qui désigne des idées capables de se répandre d’une personne à une autre au travers d’un réseau social. L’apparente spontanéité de ces mouvements et du consensus populaire qui les sous-tendent, tout au moins en Egypte, cache une grande complexité et relègue au second plan les intérêts stratégiques des grandes puissances dont les Etats-Unis qui ont, rappelons-le, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale considéré la région comme étant indissociable de leurs intérêts sécuritaires.
Le débat porte maintenant sur l’interprétation à donner aux événements en questionnant la prépondérance aux forces démocratiques ou radicales. Ces soulèvements contre des régimes corrompus, presque tous des proxy de la lutte contre Al-Queda, sont-ils à mettre à l’actif ou au passif d’une politique américaine, apparemment en panne de « vision » de l’Iraq à l’Afghanistan en passant par le Pakistan ? Ce sont les « architectes du globalisme », terme employé par l’historien Patrick J. Hearden (2002), qui ont créé sous l’administration Truman les instruments d’une diplomatie mondiale qui s’appuient sur les relais privés (Helen Laville, 2006). Les think tanks, le Council on Foreign Relation (CFR), le Center for Strategic and International Studies (CSIS) ont annoncé la « réinvention de la diplomatie à l’âge de l’information » (1998) donnant aux Etats-Unis une meilleure maîtrise du calendrier par l’usage des réseaux sociaux. Peut-on aujourd’hui parler d’échec ou de succès ? Rien ne semble pour l’heure permettre de trancher. Cependant, il est possible de remonter aux sources de cette stratégie publique américaine qui, durant toute la Guerre froide, usait de sa politique d’aide et de coopération dans le but de transformer ces régions jugées stratégiquement importantes.
On notera en préliminaire de quelle manière certains pays semblent provisoirement « épargnés » – Arabie Saoudite, Jordanie, dans une moinde mesure les émirats du Golfe – non pas en raison de leurs caractéristiques propres, politique ou économique, comme semblent le dire certains experts, mais dans le traitement médiatique qui leur est réservé, quasi inexistant. Tandis que la crainte d’une montée de l’islamisme anime certains milieux néoconservateurs et les juifs conservateurs, d’autres acteurs plus libéraux, y compris en Israël (quotidien Hareetz), appellent à reconnaître l’extraordinaire portée de ces élans susceptibles de marginaliser le(s) fondamentalisme(s) qui nourrit(ssent) des oppressions séculaires.
Alors que les Etats-Unis ont récemment appelé à condamner l’Iran au sein du Conseil des Droits de l’Homme (ONU), les tentations d’une instrumentalisation ou de la poursuite d’agenda parallèle, notamment vis-à-vis de la Chine ou de la Corée du Nord, ne sont pas à exclure. Où s’arrête la révolution ? C’est la capacité des acteurs à « définir une grille d’interprétation des événements» (frame the interpretation) dont il est question et qui est au cœur des enjeux de cet épisode historique, fondateur pour l’exercice de la diplomatie de demain.

Les origines d’une politique d’influence

L’administration Truman, la première, développe, après la Seconde Guerre mondiale, une politique d’assistance technique - Act of International Development (5 juin 1950) – comprenant le programme dit « Point IV ». Son directeur Jonathan B. Bingham parlait à l’époque de la volonté de « transposer leurs valeurs, « main street USA », aux sables du Moyen-Orient et aux plaines d’Inde. ». Reposant sur l’aide financière et technique on espérait créer une classe moyenne qui porterait ses fruits sur le long terme. « Planter des hommes » était l’expression utilisée à l’époque.  Certes modeste, avec un coût estimé à 1% du total dépensé pour le Plan Marshall, ce programme était jugé très prometteur.
D. D. Eisenhower à sa suite affirme, après la crise de Suez 1956, la nécessité d’amender le Mutual Security Act afin d’élargir l’effort de coopération. La « Middle East Resolution » (P.L. 85-87, mars 1957) précédait d’une année l’envoi de troupes au Liban pour mettre fin aux révoltes attribuées à la République Arabe Unie (Egypte, Syrie). Selon la directive du Conseil de Sécurité américain – National Security Council NSC 5609 : « Il est de l’intérêt du monde monde libre (…) de sécuriser pour lui-même le flanc droit de l’OTAN, les détroits turcs, l’Est de la Méditerranée, la zone du Caire-Suez-Aden, les bases aériennes défensives, le Golfe persique et les régions pétrolifères. » (section c, Mutual Security Program). Eisenhower a donné un rôle inédit aux corporations privées tout en développant une diplomatie personnelle, « people-to-people » dès 1956. Trois ans plus tard, il inaugure la tradition des tournées mondiales, passant notamment par le Moyen Orient. Les futurs Présidents ne manqueront pas de suivre son exemple. À l’époque, une commission présidentielle dirigée par l’industriel Mansfield Sprague recommandait le renforcement de l’organe de diplomatie publique, l’United States Information Agency (USIA) au sein du NSC. Un bureau spécial, l’Office of Policy Coordination (OPC), dirigé par Frank G. Wiesner, était en charge des opérations d’influence et de subversion à l’étranger par les média et les opinions (dont l’Iran).
J.F. Kennedy définit le nouveau paradigme de « modernisation » reposant sur l’idée simple que les Etats-Unis doivent développer des stratégies intégrées au niveau des différentes opérations politique, économique et psychologique. Il s’agissait, en s’inspirant des écrits du professeur Daniel Lerner (MIT), de renforcer les groupes démocratiques dans les pays du Tiers Monde engagés dans une marche forcée vers la modernité. Ce concept de la modernisation, anticipant à maints égards celui de « globalisation », servait de contre-poids idéologique aux théories marxistes et de cadre aux initiatives des « Peace Corps », de l’Alliance pour le Progrès… Pour Kennedy les Etats-Unis avaient l’obligation de « supporter les progrès sociaux et économiques au Moyen Orient » (Discours du 8 mai 1963). En une décennie l’USIA avait établi des postes dans plus de cent cinquante pays, apportant son soutien à l’expansion commerciale à l’étranger et de ses produits sur de nouveux marchés (concept de product synergy).

Sous la présidence de Jimmy Carter (1977-1980), le Congrès amende l’« International Development and Food Assistance Act » rendant ainsi conditionnel l’octroi de l’aide au respect des droits de l’homme. La section 502 B du « Foreign Assistance Act » créait les mécanismes par lequel le Congrès pouvait couper toute aide militaire et économique à une nation engagée dans des violations des droits de l’Homme. Son successeur, Ronald Reagan, intègre les Droits de l’homme en tant que composante à part entière de sa politique étrangère et son approche néoconservatrice. Selon Elliott Abrams, assistant secrétaire pour les droits de l’homme et les affaires humanitaires de l’époque, aujourd’hui membre de l’influent Council on Foreign Relations (CFR, fondé en 1923) un seul standard devait être appliqué à toutes les nations du monde. Il n’était plus question de discours mais il s’agissait d’atteindre des résultats concrets dans des pays violateurs de ces droits.
Il devient clair à l’époque que l’exportation des droits de l’homme, répondant étroitement aux intérêts américains, ne doit pas être attribuée publiquement aux cercles de Washington, risquant de compromettre sa crédibilité. Le CFR jouait le rôle de courroie de transmission de ces idées, à la tête d’un réseau très vaste d’académiques (dont le CSIS) et d’hommes d’affaires. Au début de la décennie 1970, le Conseil économique et sociale de l’ONU (ECOSOC) était devenu l’un des organes permettant d’exercer des pressions sur les gouvernements (résolution 1503, 27 mai 1970).
L’administration Reagan entendait mettre à son service les groupes non-gouvernementaux, les syndicats et autres organisations privées afin de développer une société civile internationale. Le projet était connu sous le nom de « Project Democracy » renommé « National Endowement for Democracy » (NED) sous les auspices de l’USIA en 1983. La conduite d’une telle « diplomatie silencieuse » en faveur des droits de l’homme posait pourtant un sérieux problème de crédibilité lorsque cette dernière ne suivait pas la rhétorique officielle.

La fin de la guerre froide conduit à la mise sur pieds de nouveaux programmes mettant l’accent sur l’électronique, l’internet et les communications satellites. Le Bureau de l’Information ou I-Bureau remplaçait graduellement l’USIA. Le conflit des Balkans s’était en outre appuyé sur le « National Democratic Institute for International Affairs » (NDI), organisation non-gouvernementale basée à Washington, foyer, avec New York, des principales organisations non-gouvernentales et des think tanks. Les Etats-Unis entendaient être au cœur de cette révolution reposant sur le partage électronique et utilisant bientôt l’internet comme relais d’influence. Selon l’historien Fareed Zakaria : « The Internet is profoundly disrespectful of traditions, established order, and hierarchy, and that is very American. » Loin des « Samizdats » dont l’utilisation s’était répandue après 1966 et qui consistaient en polycopies manuelles de libelles, véritable littérature de résistance à l’usage des contre-révolutionnaires jusqu’à la chute de l’URSS.

Cette diplomatie publique s’appropriait, petit à petit, les outils de la guerre psychologique, donnant au Département de la Défense un rôle prépondérant. Après 9/11 naît un contexte de confusion où la limite entre l’état de guerre et celui de paix devient de plus en plus difficile à discerner. Il vaut la peine de rappeler la définition de « psy-warefare » comme « groupe de stratégies et de tactiques destinées à atteindre des objectifs idéologiques, politiques ou militaires d’une organisation sponsors (un gouvernement ou un mouvement politique) par l’exploitation des attributs culturels et psychologiques d’une audience ciblée ainsi que son système de communication ». Les racines de ce concept remontant à Harold D. Laswell (« Democracy through public opinion », 1941) inspirent les opérations de l’USIA. A l’époque de Truman la stratégie de diplomatie publique semblait encore reposer sur le pouvoir de persuasion des élites, seules capables d’influence au sein des réseaux sociaux. Les nouveaux médias permettaient d’élargir considérablement la stratégie des Samizdats au plus grand nombre (utilisateurs de téléphones portables) et non plus à cette seule élite. Le rôle joué par des leaders, intellectuels, journalistes ou dissidents n’en demeurt pas moins valable (voir les cas particuliers de la Tunisie et de l’Egypte). Cependant, cette technologie parle d’une certaine manière « directement au peuple », les messages sont générés d’on ne sait où, appelant à se réunir, à mener une manifestation de rue, à renverser un pouvoir jugé illégitime. La technologie fonde et soutient de nouvelles légitimités à naître.
Dès 2005, le Congrès rendait les activités d’assistance et d’aide indépendantes des gouvernements locaux (Egyptien notamment), les fonds étaient perçus comme aide à la promotion de la démocratie (US PL 111-117, section 7034).

La thèse des dominos qui voudrait qu’une révolution en ait entraînée une autre, a été démentie par les spécialistes, tels que Michael Hayden, ancien directeur de la CIA, en raison des dissemblances structurelles entre ces régimes. Toute volonté de recréer une chronologie artificielle semble ainsi vaine. A posteriori on notera, sans l’exagérer, le rôle de l’affaire Wikileaks ou fuite des dépêches d’ambassades qui a révélé de façon « sansationnelle » les relations de corruption souvent tues au sein des régimes arabes, le clan du président tunisien Ben Ali étant qualifié de «quasi mafia ».
Les éléctions égyptiennes, de fin novembre 2010, représentent un tournant dans la politique américaine. A cette occasion le Département d’Etat communiquait son désir « de continuer à travailler avec le gouvernement et la société civile égyptienne pour l’aider à atteindre ses aspirations politique, sociale et économique » (Congressional Research Service). Elliott Abrams publiait un article sur le changement de régime en Tunisie début janvier (« Is Tunisia Next ? », CFR, 7 janvier 2011) répétant la voix de l’Institute for Policy Studies (IPS, 24 décembre). Le Washington Institute for Near East Policy poussant quant à lui aussi un « agenda » interventioniste condamnant l’Iran et la Syrie (WINEP). Et ce n’est pas seulement le concert de ces voix et de thématiques mais la présence de certains acteurs qui est récurrente, E. Abrams actif sous Reagan ainsi que Frank Wisner, fils de l’ancien conseiller d’Eisenhower, envoyé comme émissaire spécial en Egypte.
Le discours du Caire donné par le Président B. H. Obama (4 juin 2009) ne donnait-il pas l’Egypte en exemple d’harmonie, alliant tradition et progrès ? Le président Mubarak était, rappelons-le, avec ses militaires, un allié des Etats-Unis dans la lutte contre Al-Quaeda, pressé de s’angager de manière plus déterminée. Les relations entre l’Etat-major égyptien et le Pentagone étaient et restent étroites, participant au programme de détention secret de la CIA. L’aide américaine connaissait ces derniers mois des pressions croissantes venant du Congrès et des lobby juifs américains. Aider mais pour quels résultats et surtout à quel coût ?

Il semble aujourd’hui probable que plusieurs stratégies aient été suivies conjointement, autorisant la coexistence d’objectifs poursuivis sur le court, moyen et le plus long terme, tirant parti des investissements engagés par les acteurs de  cette diplomatie semi-publique, semi-privée, depuis la présidence de H. Truman. Ainsi devient-il possible d’expliquer la politique de soutien militaire systématique, générant des liens étroits entre le Pentagone et le haut commandement égyptien. A la manière de la politique Nord-Américaine vis-à-vis de l’Amérique latine il y a près d’un siècle,  favorisant l’exercice de pressions, l’aide octroyée de manière conditionnelle. L’encouragement à la société civile s’est lui-même développé suivant le processus de modernisation et l’accès graduel aux technologies de communication. La figure médiatique de Mohamed El Baradei est à ce titre exemplaire. Elle s’est construite en dehors de l’Egypte au sein de l’Agence internationale sur l’énergie atomique (AIEA), et est devenue en quelques jours le visage de cette nouvelle Egypte, avant même la tenue d’élections. La transition égyptienne est pour l’heure garantie par une Haute Commission militaire, dont Sami Hafez Al Enan, chef de Staff de l’armée est un des garants, en contact étroit avec ses homologues américains.
Dans son discours devant le Conseil des droits de l’homme (28 février 2011), la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a rappelé les « obligations universelles » découlant du respect de la Déclaration Universelle (DUDH), soulignant la nécessité de protéger « le processus de transition » vers la démocratie et le progrès. Elle a rendu hommage au rôle de la jeunesse et de la société civile moteurs de ces révolutions. Les Etats-Unis sont prêts, a-t-elle dit, à fournir une « assistance économique », les droits de l’homme, la démocratie et le développement allant de pair l’un avec l’autre. L’appel de Mme Clinton à lutter contre l’intolérance « partout où elle se produit » fait en quelque sorte écho à E. Abrams sous Ronald Reagan. L’Iran, engagé depuis 1979 sur la voie d’une autre révolution, islamique celle-là, est accusé aujourd’hui comme hier de violer les droits de l’homme. Mme Clinton a terminé son allocution par une mise en garde contre les mouvances radicales qui ne respectent pas ces mêmes droits universellement reconnus. Au même moment, les risques d’une extension de la révolution chiite ne peuvent échapper à Washington.

Comme relevé dans l’introduction, il faut s’interroger sur le pouvoir et la volonté de « mettre en récit» les événements, quitte à leur faire dire ce qu’eux-mêmes ne disent pas. Michael Schurer, ancien membre de la CIA, analyste pour la chaîne de télévision CBS,  pense que les Américains ont mal interprété les forces se cachant derrière le printemps arabe. Des islamistes auraient selon lui été relâchés des prisons, le départ de Mubarak, ennemi d’Al-Quaeda, aurait pour effet de « revitaliser l’islamisme », le mouvement deviendrait ainsi plus vaste et plus diffus qu’il ne l’était. L’Egypte de Mubarak, Israël et la dynastie Saud d’Arabie sont présentés comme les véritables ennemis d’Al Qaeda.
Or, la version de Schurer contredit l’interprétation des journalistes arabes sur le terrain (Al Jazeera), pour qui ces manifestations démontrent à qui en douterait encore qu’Al-Queda n’a aucun rôle à jouer dans cette histoire. Les soulèvements populaires se sont exercés contre les régimes se servant de l’oppression et de la lutte antiterroriste pour asseoir leurs régimes corrompus sans légitimité populaire. Que penser des mouvements de rébellion contre les régimes de Hamid Karzai, en Afghanistan, et Asif Ali Zardari, au Pakistan, accusés tous deux de corruption chronique et sans réel soutien populaire.

Washington semble vouloir soutenir, coûte que coûte, cette « transition vers la démocratie », un effort qui s’inscrit, comme on l’a vu, dans cinquante années de diplomatie cherchant à terme à arrimer le Proche et le Moyen Orient à l’Occident. Les Etats-Unis ne sont certes pas les seuls intéressés par ce développement révolutionnaire. Comme on peut s’en douter la Chine et l’Iran, plus encore que la Russie, peuvent se montrer péoccupés. La théorie développée par le célèbre journaliste du New Yorker, Seymour Hersh, qui dénonce l’existence d’un calcul stratégique visant l’Iran n’est pas invraisemblable. Washington ne donne-t-il pas les signes, certes discrets, de vouloir tirer profit de la dynamique actuelle pour l’étendre en direction de l’Asie ? L’appel de Washington à Pékin en janvier dernier s’inscrit-il dans une perspective américaine « universelle » au nom des droits de l’homme ? Le risque demeure, comme sous les présidences antérieures, de pratiquer une politique à double standard. L’Arabie Saoudite est dans la ligne des critiques, dénoncée par Amnesty International depuis des années pour ses violations des droits de l’homme. Cette dernière continue, avec le Qatar, à servir de relais pour la campagne antiterroriste américaine.

La diplomatie publique américaine, et une partie de son « soft power », repose sur sa capacité à influencer les régimes de manière silencieuse. L’effort américain visant à encourager une société civile, basée sur de nouvelles classes moyennes représentant le relais de ses valeurs, s’inscrit ainsi dans une approche à long terme, prtagée par l’intelligentsia du CFR et par ceux qui continuent de penser que l’Amérique a une mission naturelle à civiliser le monde, les « globalistes » et les néo-conservateurs. L’approche n’est pas sans risques quand elle tend à projeter sur ces événements une interprétation parfois étrangement éloignée des aspirations des hommes et des femmes de la rue. Le Moyen Orient est devenu un laboratoire révolutionnaire d’un genre nouveau. Comme l’avait dit un jour Daniel L. Goldy, à la tête du programme du Mutual Security Agency : « Nous, les Américains et non pas les Communistes, sommes les vrais révolutionnaires du Monde (…) Nous démontrons que la sécurité et la liberté peuvent être atteintes ensemble» (29 juin 1951).
Jérôme Gygax
Fondation Pierre du Bois pour l'histoire du temps présen
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Research Fellow Columbia University
Papiers d'actualité/ Current Affairs in Perspective
Fondation Pierre du Bois
April 2011, No 5/ 2011

Pour en savoir plus

NJ Cull, « Public diplomacy: Taxonomies and histories » in The Annals of the American Academy of Political and Social Science, 616 (2008).

Dizard, Wilson P Jr, Inventing Public Diplomacy: The Story of the U.S. Information Agency (2004).

Fulton, Barry, Reinventing Diplomacy in the Information Age (CSIS Panel Reports) (1998).

Hearden, Patrick J, Architects of Globalism: Building a New World Order During World War Two (2002).

Kenneth A. Osgood and Brian C. Etheridge (ed.), The United States and Public Diplomacy, New directions in cultural and international history, Boston, Martinus Nijhoff, 2010-12-09

Laville, Helen, and Hugh Wilford, The Us Government, Citizen Groups and the Cold War: The State-Private Network (Studies in Intelligence) (2006).



 source: http://www.fondation-pierredubois.ch/Papiers-d-actualite/printempsarabe.html
Disclaimer: The views expressed in this paper are those of the author alone and do not necessarily reflect the opinion of the Foundation.

11/09/2011

Édifiant ! Un texte de Bana Congo Na Italie sur Facebook


«Voici une petite description de ce qu’était la vie en Libye avant l’agression de l’OTAN :
1 - L’électricité à usage domestique est gratuite.
2 - L’eau à usage domestique est gratuite.
3 - Le prix d’un litre d’essence est de 0,08 euro.
4 - Les banques libyennes accordent des prêts sans intérêts.
5 - Les citoyens n’ont pas d’impôts à payer et la TVA n’existe pas.
6 - La Libye est le dernier pays dans la liste des pays endettés : la dette publique est à 3,3% du produit intérieur brut (PIB). En France, elle est à 84,5%; aux USA 88,9%; au Japon 225,8.
7 - Une voiture (Chevrolet, Toyota, Nissan, Mitsubishi, Peugeot, Renault...) s’achète au prix d’usine (voitures importées du Japon, Corée du sud, Chine, États-Unis,...).
8 - Pour chaque étudiant voulant faire ses études à l’étranger, le « gouvernement » attribue une bourse de 1 627,11 Euros par mois.
9 - Tout étudiant diplômé reçoit le salaire moyen de la profession du cursus choisi s’il ne trouve pas d’emploi à la fin de ses études.
10 - Lorsqu’un couple se marie, l’État paie le premier appartement ou maison ( 150 mètres carrés ).
11 - Chaque famille libyenne, sur présentation du livret de famille, reçoit une aide de 300 euros par mois.
12 - Pour tout employé dans la fonction publique, en cas de mobilité nécessaire à travers la Libye , l’État fournit une voiture et une maison gratuitement, qui deviennent siens quelque temps après.

https://www.facebook.com/notes/bana-congo-na-italie/voici-une-petite-description-de-ce-quetait-la-vie-en-lybie-avant-lagression-de-l/277834225565384

10/09/2011

Les vraies raisons de la guerre en Lybie par Jean-Paul Pougala

Les vraies raisons de la guerre en Lybie par Jean-Paul Pougala

1-Premier satellite Africain RASCOM 1

C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient  disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX. 

L’histoire démarre en 1992 lorsque 45 pays africains créent la société RASCOM pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l’intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat. Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale , le FMI, les USA, l’Union Européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant 14 ans.

C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant  des prêts à un taux usuraire; le guide Libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, La Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement, 27 millions  et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, Sud-Africain, Nigérian, Angolais, Algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût 10 fois inférieur, un vrai défi.

Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an mais les  milliards de dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique.

2. Fond Monétaire Africain, Banque Centrale Africaine, Banque Africaine des Investissements


Les 30 milliards de dollars saisis par M. Obama appartiennent à la Banque Centrale Libyenne   et prévu pour la contribution libyenne à la finalisation de la fédération africaine à travers 3 projets phare :
- la Banque Africaine d’Investissement à Syrte en Libye,
- la création dès ce 2011 du Fond Monétaire Africain avec un capital de 42 milliards de dollars avec Yaoundé pour siège,
- la Banque Centrale Africaine avec le siège à Abuja au Nigeria dont la première émission de la monnaie africaine signera la fin du Franc CFA grâce auquel Paris a la main mise sur certains pays africains depuis 50 ans.

On comprend dès lors et encore une fois la rage de Paris contre Kadhafi. Le Fond Monétaire Africain doit remplacer en tout et pour tout les activités sur le sol africain du Fond Monétaire International qui avec seulement 25 milliards de dollars de capital a pu mettre à genoux tout un continent avec des privatisations discutables, comme le fait d’obliger les pays africains à passer d’un monopole publique vers un monopole privé. Ce sont les mêmes pays occidentaux qui ont frappés à la porte pour être eux aussi membres du Fond Monétaire africain et c’est à l’unanimité que le 16-17 décembre 2010 à Yaoundé les Africains ont repoussé cette convoitise, instituant que seuls les pays africains seront membres de ce FMA.

Il est donc évident qu’après la Libye la coalition occidentale déclarera sa prochaine guerre à l’Algérie, parce qu’en plus des ses ressources énergétiques énormes, ce pays a une réserve monétaire de 150 milliards d’Euros. Ce qui devient la convoitise de tous les pays qui bombardent la Libye et qui ont tous quelque chose en commun, ils sont tous financièrement en quasi faillite, les USA à eux seuls ont 14.000 Milliards de dollars de dettes,  La France, la Grande Bretagne et l’Italie ont chacun environ 2.000 milliards de dettes publiques alors que les 46 pays d’Afrique Noire ont au total moins de 400 milliards de dollars de dettes publiques.  Créer des fausses guerres en Afrique dans l’espoir de trouver de l’oxygène pour continuer leur apnée économique qui ne fait que s’empirer ne fera qu’enfoncer les Occidentaux dans leur déclin qui a pris son envol en 1884, lors de la fameuse Conférence de Berlin. Car comme l’avait prédit l’économiste Américain Adams Smith en 1865, dans son soutient à Abraham Lincoln pour l’abolition de l’esclavage, «l’économie de tout pays qui pratique l’esclavage des noirs est en train d’amorcer une descente vers l’enfer qui sera rude le jour où les autres nations vont se réveiller »
3- Unions régionales comme frein à la création des Etats Unis d'Afrique

Pour déstabiliser et détruire l’union Africaine qui va dangereusement (pour l’Occident) vers les Etats-Unis d’Afrique avec la main de maître de Kadhafi, l’Union Européenne a d’abord tenté sans y parvenir la carte de la création de l’UPM (Union Pour la Méditerranée) Il fallait à tout prix couper l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique en mettant en avant les mêmes thèses racistes du 18-19ème siècle selon lesquelles les populations africaines d’origine Arabes seraient plus évoluées, plus civilisées que le reste du continent. Cela a échoué parce que Kadhafi a refusé d’y aller. Il a compris très vite le jeu à partir du moment où on parlait de la Méditerranée en associant quelques pays africains sans en informer l’Union Africaine, mais en y invitant tous les 27 pays de l’Union Européenne.

L’UPM sans le principal moteur de la fédération africaine était foirée avant même de commencer, un mort-né avec Sarkozy comme Président et Mubarack, le vice-président. Ce que Alain Juppé tente de relancer, tout en misant sur la chute de Kadhafi, bien sur. Ce que les dirigeants Africains ne comprennent pas est que tant que ce sera l’Union Européennes à financer l’Union Africaine, on sera toujours au point de départ, car dans ces conditions, il n’y aura pas d’effective indépendance. C’est dans le même sens que l’Union Européenne a encouragé et financé les regroupements régionaux en Afrique. Il était évident que la CEDEAO qui a une Ambassade à Bruxelles et qui tire l’essentiel de son financement de l’UE, est un obstacle majeur contre la fédération africaine. C’est ce que Lincoln avait combattu dans la guerre de sécession aux Etats-Unis, parce qu’à partir du moment où un groupe de pays se retrouvent autour d’une organisation politique régionale, cela ne peut que fragiliser l’organe central. C’est ce que l’Europe voulait et c’est ce que les Africains n’ont pas compris en créant coup sur coup, la COMESA, l’UDEAC, la SADC et le Grand Maghreb qui n’a jamais fonctionné encore une fois grâce à Kadhafi qui lui l’avait très bien compris.


4-Kadhafi, l'Africain qui a permis de laver l'humiliation de l'Apartheid

Kadhafi est dans le coeur de presque tous les Africains comme un homme très généreux et humaniste pour son soutien désintéressé a la bataille contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Si Kadhafi avait été un homme égoïste, rien ne l’obligeait à attirer sur lui les foudres des occidentaux  pour soutenir financièrement et militairement l’ANC dans sa bataille contre l’apartheid.
C’est pour cela que à peine libéré de ses 27 ans de prisons, Mandela décide d’aller rompre l’embargo des Nations Unis contre la Libye le 23 Octobre 1997. A cause de cet embargo même aérien, depuis 5 longues années aucun avion ne pouvait atterrir en Libye. Pour y arriver, Il fallait prendre un avion pour la Tunisie ; arriver à Djerba et continuer en voiture pendant 5 heures pour  Ben Gardane, passer la frontière et remonter en 3 heures de route par le désert jusqu’à Tripoli. Ou alors, passer par Malte et faire la traversée de nuit, sur des bateaux mal entretenus jusqu’à la côte libyenne.

Un calvaire pour tout un peuple, juste pour punir un seul homme. Mandela décida de rompre cette injustice et répondant a l’ex Président Américain Bill Clinton, qui avait jugé cette visite «malvenue», il s’insurgea : «Aucun Etat ne peut s'arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun Etat ne peut dicter aux autres ce qu'ils doivent faire ». il ajouta : « ceux-là qui hier étaient les amis de nos ennemis, ont aujourd’hui le toupet de me proposer de ne pas visiter mon frère Kadhafi, ils nous conseillent d’être ingrats et d’oublier nos amis d’hier ». En effet, pour l’Occident, les racistes d’Afrique du Sud étaient leurs frères qu’il fallait protéger. C’est pour cela que tous les membres de l’Anc étaient considérés des dangereux terroristes, y compris Nelson Mandela. Il faudra attendre le 2 Juillet 2008, pour que le Congrès Américain vote une loi pour  rayer le nom de Nelson Mandela et de ses camarades de l’ANC de cette liste noire, pas parce qu’ils ont compris la bêtise d’une telle liste, mais parce qu’on voulait faire un geste pour les 90 ans de Nelson Mandela.  Si les Occidentaux sont aujourd’hui repentis de leur soutient d’hier aux ennemis de Mandela et sont vraiment sincères lorsqu’on lui donnent des noms de rue et de places, comment continuer à faire la guerre à celui qui a permis la victoire de Mandela et son peuple, Kadhafi ?

B- Ceux qui veulent exporter la démocratie sont ils des démocrates?

Et si la Libye de Kadhafi était plus démocratique que les USA, la France, la Grande Bretagne et tous ceux qui font la guerre pour exporter la démocratie en Libye ? Le 19 Mars 2003, le Président Georges Bush lance les bombes sur la tête des Iraquiens avec le prétexte d’y exporter la démocratie. Le 19 Mars 2011, c’est-à-dire 8 ans plus tard et jour pour jour, c’est le Président Français qui lance ses bombes sur la tête des Libyens avec le même prétexte de leur offrir la démocratie. Monsieur Obama , Prix Nobel de la Paix 2009 et président des Etat Unis d’Amérique, pour justifier qu’il procède à un déferlement de missiles Cruise de ses sous-marins sur la tête des Libyens a dit que c’était pour chasser le dictateur Kadhafi du pouvoir et y instaurer la démocratie.

La question que tout être humain doté de la moindre capacité intellectuel de jugement et d’appréciation  ne peut s’empêcher de se poser est : ces pays comme la France, l’Angleterre, les USA, l’Italie, la Norvège, le Danemark, la Pologne dont la légitimité pour aller bombarder les Libyens se base sur le seul fait de s’être autoproclamés « pays démocratiques » sont-ils réellement démocratiques ? Si oui, sont-ils plus démocratiques que la Libye de Kadhafi ? La réponse, sans équivoque est NON, pour la simple et bonne raison que la démocratie n’existe pas.  Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais celui-là même dont la ville natale, Genève abrite l’essentiel du commandement des Nations Unies. Il s’agit bien entendu de Jean-Jacques Rousseau né à Genève en 1712 qui affirme dans le chapitre IV du Livre III de son très célèbre « Contrat Social » que : « il n'a jamais existé de véritable démocratie, et il n'en existera jamais».  Pour qu’un état soit véritablement démocratique Rousseau pose 4 conditions selon lesquelles la Libye de Kadhafi est même de loin plus démocratique que les Etats-Unis d’Amérique, la France et tous les autres qui prétendent lui exporter la démocratie à savoir :

1- Dimension de l’Etat : plus un état est grand, moins il peut être démocratique, pour Rousseau l’Etat doit être très petit pour que le peuple soit facile à rassembler et que chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres. Avant donc de faire voter les gens, il faut s’assurer que chacun connaisse tous les autres sans quoi voter pour voter est un acte dénué de tout fondement démocratique, c’est un simulacre de démocratie pour élire un dictateur. La structure de l’organisation de l’Etat Libyen se fonde sur une base tribale qui regroupe par définition le peuple en de petites entités. Le sentiment démocratique est plus présent dans une tribu, dans un village que dans une grande Nation, parce que le fait que tout le monde se connaisse et que la vie tourne autour des mêmes points communs apporte une sorte d’autorégulation, d’autocensure même pour peser à chaque instant, la réaction ou la contre-réaction des autres membres pour ou contre les opinions qu’on peut avoir. Sous cet angle, c’est la Lybie  qui répond le mieux  aux exigences de Rousseau, ce qu’on ne peut pas dire de même pour les Etats-Unis d’Amérique, la France ou la Grande Bretagne , des sociétés fortement urbanisées où la majorité des voisins ne se disent même pas bonjour et donc ne se connaissent pas, même vivant cote-à-cote pendant 20 ans.
Dans ces pays, on est passé directement à l’étape suivante : « le vote » qu’on a malignement sanctifié afin de faire oublier que ce vote est inutile à partir du moment où je m’exprime sur l’avenir d’une nation sans en connaitre ses membres.  On est ainsi arrivé jusqu’à la bêtise du vote des citoyens vivant à l’étranger.  Se connaitre et se parler est la condition essentielle de la communication pour le débat démocratique qui précède toute élection.

2- Il faut la simplicité des mœurs et des comportements pour éviter  que l’on passe l’essentiel du temps à parler de justice, de tribunal pour trouver des solutions aux multitudes querelles d’intérêts divers qu’une société trop complexe fait naitre naturellement.  Les Occidentaux se dé finissement comme des pays civilisés, donc aux mœurs complexes et la Libye comme pays dit primitif, c’est-à-dire aux meurs simples. Sous cet angle, encore une fois, c’est la Libye qui répondrait mieux aux critères démocratiques de Rousseau que tous ceux qui prétendent lui donner des leçons de démocratie. Dans une société complexe, les trop nombreux conflits sont résolus par la loi du plus fort, puisque celui qui est riche évite la prison parce qu’il peut se permettre un meilleur avocat et surtout, orienter l’appareil répressif de l’état contre celui qui vole une banane dans un supermarché, plutôt que le délinquant financier qui fait crouler une banque. Dans une ville comme New York où 75% de la population est blanche, 80% des postes de cadres sont occupés par des Blancs et ils ne sont que 20% des personnes en prison.

3- L’égalité dans les rangs et dans les fortunes.   Il suffit de voir le classement FORBES 2010 pour voir quels sont les noms des personnes les plus riches de chacun des pays qui jette la bombe sur la tête des Libyens et voir la différence avec le salaire le plus bas dans chacun des pays et faire de même pour la Libye pour comprendre qu’en matière de redistribution de la richesse du pays, c’est à la Libye d’exporter son savoir faire à ceux qui la combattent et non le contraire. Même sous cet angle, selon Rousseau, la Libye serait plus démocratique que ceux qui veulent pompeusement lui exporter la prétendue démocratie. Aux Etats-Unis 5% de la population possèdent 60% de la richesse nationale. C’est le pays le plus déséquilibré, le plus inégal du monde.

4- PAS DE LUXE. Pour Rousseau pour qu’il y ait la démocratie dans un pays, il ne faut pas qu’il y ait de luxe parce que selon lui, le luxe rend nécessaire la richesse et cette dernière devient la vertu, l’objectif à atteindre à tout prix et non le bonheur du peuple, « le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l'un par la possession, l'autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l'Etat tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l'opinion ». Ya-t-il plus de luxe en France ou en Libye ? Ce rapport d’asservissement des employés qui sont poussés jusqu’au suicide les employés mêmes des entreprises publiques ou semi-publique, pour des raisons de rentabilité et donc de possession de luxe d’une des parties est-il plus criant en Libye ou en Occident ?

Le sociologue Américain C. Wright Mills a décrit en 1956 la démocratie américaine comme  « la dictature des élites ». Selon Mills, les Etats-Unis d’Amérique ne sont pas une démocratie parce qu’en définitive, c’est l’argent qui y parle dans les élections et non le peuple. Le résultat de chaque élection y est l’expression de la voix de l’argent et non la voix du peuple. Après Bush-père et Bush-fils, pour les primaires républicaines de 2012, on parle déjà de Bush-benjamin. En plus, si le pouvoir politique se base sur la bureaucratie, Max Weber fait remarquer qu’il y a 43 millions de fonctionnaires et militaires aux Etats-Unis qui commandent effectivement le pays, mais qui n’ont été votés par personne et qui ne répondent pas directement au peuple de leurs activités. Une seule personne (un riche) est donc votée mais le vrai pouvoir sur le terrain est tenue par une seule caste de riches qui ne résulte purement et simplement que de nominations comme les ambassadeurs, les généraux de l’armée etc...

Combien de personnes dans les pays autoproclamés « démocratiques »savent qu’au Pérou la constitution interdit un deuxième mandat consécutif au président de la république sortant ? Combien de personnes savent qu’au Guatemala, non seulement le président sortant ne doit plus jamais se présenter comme candidat à cette fonction, mais qu’en plus à aucun degré de parenté, aucun membre de sa famille ne pourra plus prétendre à cette fonction ?  Combien savent que le Rwanda est le pays qui intègre politiquement le mieux les femmes au monde avec 49% de parlementaires femmes ? Combien savent que dans le classement de la CIA 2007, sur 10 pays les mieux gérés au monde, 4 sont Africains ? Avec la palme d’or à la Guinée équatoriale  dont la dette publique ne représente que 1,14% de son PIB.

La guerre civile, les révoltes, les rebellions sont les ingrédients d’un début de démocratie soutient Rousseau. Parce que la démocratie n’est pas une fin, mais un processus permanent pour réaffirmer les droits naturels des humains que dans tous les pays du monde (sans exception) une poignée d’hommes et de femmes, confisquant le pouvoir du peuple, l’oriente pour se maintenir aux affaires. On trouve ici et là des formes de castes qui usurpent le mot « démocratie » qui doit être cet idéal vers lequel tendre et non un label à s’approprier ou un refrain à vanter parce qu’on est juste capable de crier plus fort que les autres. Si un pays est calme comme la France ou les Etats-Unis, c’est-à-dire sans aucune révolte, pour Rousseau cela veut tout simplement dire que le système dictatorial est suffisamment répressif pour empêcher toute tentative de rébellion. Si les Libyens se révoltent, ce n’est pas une mauvaise chose. C’est prétendre que les peuples acceptent stoïquement le système qui les opprime partout dans le monde sans réagir qui est très mauvais. Et Rousseau de conclure : «  Malo periculosam libertatem quam quietum servitium -traduction : S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes ». Dire qu’on tue les Libyens pour leur bien est un leurre.

C- Quelles leçons pour l'Afrique?

Après 500 ans de relations de dominateur et de dominé avec l’Occident, il est dès lors prouvé que nous n’avons pas les mêmes critères pour définir le bon et le méchant. Nous avons des intérêts profondément divergents. Comment ne pas déplorer le Oui de 3 pays africains au sud du Sahara, Nigeria, Afrique du Sud et Gabon pour la résolution 1973 inaugurant la nouvelle forme de colonisation baptisée « protection des peuples », validant la théorie raciste que les Européens véhiculent depuis le 18ème siècle selon laquelle l’Afrique du Nord n’a rien à partager avec l’Afrique Subsaharienne, l’Afrique du nord  serait ainsi plus évoluée, plus cultivée et plus civilisée que le reste de l’Afrique. Tout se passe comme si la Tunisie, l’Egypte, la Libye, l’Algérie ne faisaient pas partie de l’Afrique. Même les Nations Unies semblent ignorer la légitimité de l’Union Africaine sur ses états membres. L’objectif est d’isoler les pays d’Afrique subsaharienne afin de mieux les fragiliser et les tenir sous contrôle. En effet, dans le capital du nouveau Fond Monétaire Africain (FMA), l’Algérie avec 16 milliards de dollars et la Libye avec 10 milliards de dollars contribuent à eux tous seuls pour près de 62% du capital qui est de 42 milliards de Dollars. Le premier pays d’Afrique subsaharienne et les plus peuplés, le Nigeria suivi de l’Afrique du Sud arrivent très loin derrière avec 3 milliards de dollars chacun.

C’est très inquiétant de constater que pour la première fois de l’histoire des Nations Unies, on a déclaré la guerre à un peuple sans avoir exploré au préalable la moindre piste pacifique pour solutionner le problème.

L’Afrique a-t-elle encore sa place dans une telle organisation ? Le Nigeria et l’Afrique du Sud sont disposés à voter OUI à tout ce que l’Occident demande, parce qu’ils croient naïvement aux promesses des uns et des autres de leur donner une place de membre permanent au Conseil de Sécurité avec le même droit de veto. Ils oublient tous les deux que la France n’a aucun pouvoir de leur attribuer le moindre poste. Si elle l’avait, il y a belle lurette que Mitterrand l’aurait faite pour l’Allemagne de Helmut Kohl. La reforme des Nations Unies n’est pas à l’ordre du jour. La seule manière de compter, est la méthode chinoise : tous les 50 pays africains doivent quitter les Nations Unies. Et s’ils doivent y retourner un jour, ne le faire que s’ils ont obtenu ce qu’ils demandent depuis longtemps, un poste pour toute la fédération africaine, sinon rien.
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Cette méthode de la non-violence est la seule arme de justice dont disposent les pauvres et les faibles que nous sommes. Nous devons tout simplement quitter les Nations Unies, car cette organisation de par sa configuration, de par sa hiérarchie est aux services des plus forts.

Nous devons quitter les Nations Unies afin de marquer notre réprobation de cette conception du monde basée uniquement sur l’écrasement du plus faible. Tout au moins ils seront libres de continuer de le faire, mais pas avec notre signature, pas en rappelant que nous sommes d’accord alors qu’ils savent très bien qu’ils ne nous ont jamais interrogés. Et même quand nous avons donné notre propre point de vue, comme la rencontre de samedi 19/3 à Nouakchott avec la déclaration sur la contrariété à l’action militaire, ceci a été passé tout simplement sous silence pour aller accomplir le forfait de bombarder  le peuple africain.

Ce qui arrive aujourd’hui est le scénario déjà vu auparavant avec la Chine. Aujourd ’hui, on reconnaît le gouvernement Ouattara, on reconnaît le gouvernement des insurgés en Libye. C’est ce qui s’est passé à la fin de la deuxième guerre mondiale avec la Chine. La soit disante communauté internationale avait choisi Taiwan comme unique représentant du peuple Chinois en lieu de place de la Chine de Mao. Il faudra attendre 26 ans, c’est-à-dire le 25 octobre 1971 avec la résolution 2758 que tous les Africains devraient lire, pour mettre fin à la bêtise humaine. La Chine est admise, sauf qu’elle a prétendu et obtenue d’être membre permanent avec doit de veto, si non elle n’entre pas. Cette exigence satisfaite et la résolution d’admission entrée en vigueur, il faudra attendre un an pour que le 29 septembre 1972, le Ministre Chinois des Affaires Etrangères donne sa réponse avec une lettre au Secrétaire Général des Nations Unies pas pour dire Oui ou Merci, mais pour faire des mises au point, en garantie de sa dignité et de sa respectabilité.
Qu’est-ce que l’Afrique espère obtenir des Nations Unies sans poser un acte fort pour se faire respecter ? On a vu en Cote d’Ivoire un fonctionnaire des Nations Unies se considérer au dessus d’une institution constitutionnelle de ce pays. Nous sommes entrés dans cette organisation en acceptant d’être des serfs et croire que nous serons invités à table pour manger avec les autres dans les plats que nous avons lavés est tout simplement crédule, pire, stupide. Quand l’UA reconnaît la victoire de Ouattara sans même tenir compte des conclusions contraires de ses propres observateurs envoyés sur le terrain, juste pour faire plaisir à nos anciens maîtres, comment peut-on nous respecter ? Lorsque le président Sud-Africain Zuma déclare que Ouattara n’a pas gagné les élections et change à 180° après un tour à Paris, on peut se demander ce que valent ces dirigeants qui représentent et parlent au nom de 1 milliard d’Africains.

La force et la vraie liberté de l’Afrique viendront de sa capacité à poser des actes réfléchis et en assumer les conséquences. La dignité et la respectabilité ont un prix. Sommes-nous disposés à le payer ? Si non, notre place reste à la cuisine, aux toilettes pour garantir le confort des autres.

Genève le 28/03/2011

Jean-Paul Pougala

(*) Jean-Paul Pougala est un écrivain d’origine camerounaise, directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégiques et professeur de sociologie à l’Université de la Diplomatie de Genève en Suisse
http://www.asteclist.com/jupgrade/index.php/forum/blog-post/910-les-vraies-raisons-de-la-guerre-en-lybie-par-jean-paul-pougala

Libye – Pourquoi ces nazillons attaquent Kadhafi ? La vérité

A travers Mouammar Kadhafi, c’est toute l’Afrique qu’on attaque. C’est l’homme providentiel qui voulait faire de l’Afrique un continent fort. Après avoir lu ce papier, vous comprendrez enfin pourquoi les Occidentaux attaquent Kadhafi. Cet homme dont on accuse d’avoir perpétré des massacres ou d’avoir fait on ne sait quoi, voulait simplement faire sortir l’Afrique de l’ornière. Or, les nazis qui l’attaquent, dont Barack Hussein Obama, une honte africaine, ne le souhaitaient pas. Maintenir l’Afrique sous domination est leur seul but. Et dire que des Africains se sont laissés embobinés, et même des Libyens irresponsables.
La crise libyenne, une préoccupation africaine qui aiguise les passions chez la plupart des intellectuels africains.
Premier satellite Africain RASCOM 1
C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX.
L’histoire démarre en 1992 lorsque 45 pays africains créent la société RASCOM pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l’intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat. Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale , le FMI, les USA, l’Union Européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant 14 ans. C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant des prêts à un taux usuraire; le guide Libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, La Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement, 27 millions et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, Sud-Africain, Nigérian, Angolais, Algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût 10 fois inférieur, un vrai défi. Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an mais les milliards de dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique.
Fond Monetaire Africain, Banque Centrale Africaine, Banque Africaine Des Investissements
Les 30 milliards de dollars saisis par M. Obama appartiennent à la Banque Centrale Libyenne et prévu pour la contribution libyenne à la finalisation de la fédération africaine à travers 3 projets phare : la Banque Africaine d’Investissement à Syrte en Libye, la création dès ce 2011 du Fond Monétaire Africain avec un capital de 42 milliards de dollars avec Yaoundé pour siège, la Banque Centrale Africaine avec le siège à Abuja au Nigeria dont la première émission de la monnaie africaine signera la fin du Franc CFA grâce auquel Paris a la main mise sur certains pays africains depuis 50 ans. On comprend dès lors et encore une fois la rage de Paris contre Kadhafi. Le Fond Monétaire Africain doit remplacer en tout et pour tout les activités sur le sol africain du Fond Monétaire International qui avec seulement 25 milliards de dollars de capital a pu mettre à genoux tout un continent avec des privatisations discutables, comme le fait d’obliger les pays africains à passer d’un monopole publique vers un monopole privé. Ce sont les mêmes pays occidentaux qui ont frappés à la porte pour être eux aussi membres du Fond Monétaire africain et c’est à l’unanimité que le 16-17 décembre 2010 à Yaoundé les Africains ont repoussé cette convoitise, instituant que seuls les pays africains seront membres de ce FMA.
Il est donc évident qu’après la Libye la coalition occidentale déclarera sa prochaine guerre à l’Algérie, parce qu’en plus des ses ressources énergétiques énormes, ce pays a une réserve monétaire de 150 milliards d’Euros. Ce qui devient la convoitise de tous les pays qui bombardent la Libye et qui ont tous quelque chose en commun, ils sont tous financièrement en quasi faillite, les USA à eux seuls ont 14.000 Milliards de dollars de dettes, La France , la Grande Bretagne et l’Italie ont chacun environ 2.000 milliards de dettes publiques alors que les 46 pays d’Afrique Noire ont au total moins de 400 milliards de dollars de dettes publiques. Créer des fausses guerres en Afrique dans l’espoir de trouver de l’oxygène pour continuer leur apnée économique qui ne fait que s’empirer ne fera qu’enfoncer les Occidentaux dans leur déclin qui a pris son envol en 1884, lors de la fameuse Conférence de Berlin. Car comme l’avait prédit l’économiste Américain Adams Smith en 1865, dans son soutient à Abraham Lincoln pour l’abolition de l’esclavage, «l’économie de tout pays qui pratique l’esclavage des noirs est en train d’amorcer une descente vers l’enfer qui sera rude le jour où les autres nations vont se réveiller »
UNIONS REGIONALES COMME FREIN A LA CREATION DES ETATS-UNIS D’AFRIQUE
Pour déstabiliser et détruire l’union Africaine qui va dangereusement (pour l’Occident) vers les Etats-Unis d’Afrique avec la main de maître de Kadhafi, l’Union Européenne a d’abord tenté sans y parvenir la carte de la création de l’UPM (Union Pour la Méditerranée ) Il fallait à tout prix couper l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique en mettant en avant les mêmes thèses racistes du 18-19ème siècle selon lesquelles les populations africaines d’origine Arabes seraient plus évoluées, plus civilisées que le reste du continent. Cela a échoué parce que Kadhafi a refusé d’y aller. Il a compris très vite le jeu à partir du moment où on parlait de la Méditerranée en associant quelques pays africains sans en informer l’Union Africaine, mais en y invitant tous les 27 pays de l’Union Européenne. L’UPM sans le principal moteur de la fédération africaine était foirée avant même de commencer, un mort – né avec Sarkozy comme Président et Mubarack, le vice-président. Ce que Alain Juppé tente de relancer, tout en misant sur la chute de Kadhafi, bien sur. Ce que les dirigeants Africains ne comprennent pas est que tant que ce sera l’Union Européennes à financer l’Union Africaine, on sera toujours au point de départ, car dans ces conditions, il n’y aura pas d’effective indépendance. C’est dans le même sens que l’Union Européenne a encouragé et financé les regroupements régionaux en Afrique. Il était évident que la CEDEAO qui a une Ambassade à Bruxelles et qui tire l’essentiel de son financement de l’UE, est un obstacle majeur contre la fédération africaine. C’est ce que Lincoln avait combattu dans la guerre de sécession aux Etats-Unis, parce qu’à partir du moment où un groupe de pays se retrouvent autour d’une organisation politique régionale, cela ne peut que fragiliser l’organe central. C’est ce que l’Europe voulait et c’est ce que les Africains n’ont pas compris en créant coup sur coup, la COMESA , l’UDEAC, la SADC et le Grand Maghreb qui n’a jamais fonctionné encore une fois grâce à Kadhafi qui lui l’avait très bien compris.
KADHAFI, L’AFRICAIN QUI A PERMIS DE LAVER L’HUMILIATION DE L’APARTHEID
Kadhafi est dans le cœur de presque tous les Africains comme un homme très généreux et humaniste pour son soutien désintéressé a la bataille contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Si Kadhafi avait été un homme égoïste, rien ne l’obligeait à attirer sur lui les foudres des occidentaux pour soutenir financièrement et militairement l’ANC dans sa bataille contre l’apartheid. C’est pour cela que à peine libéré de ses 27 ans de prisons, Mandela décide d’aller rompre l’embargo des Nations Unis contre la Libye le 23 Octobre 1997. A cause de cet embargo même aérien, depuis 5 longues années aucun avion ne pouvait atterrir en Libye. Pour y arriver, Il fallait prendre un avion pour la Tunisie ; arriver à Djerba et continuer en voiture pendant 5 heures pour Ben Gardane, passer la frontière et remonter en 3 heures de route par le désert jusqu’à Tripoli. Ou alors, passer par Malte et faire la traversée de nuit, sur des bateaux mal entretenus jusqu’à la côte libyenne. Un calvaire pour tout un peuple, juste pour punir un seul homme. Mandela décida de rompre cette injustice et répondant a l’ex Président Américain Bill Clinton, qui avait jugé cette visite «malvenue», il s’insurgea : «Aucun Etat ne peut s’arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun Etat ne peut dicter aux autres ce qu’ils doivent faire ». il ajouta : « ceux-là qui hier étaient les amis de nos ennemis, ont aujourd’hui le toupet de me proposer de ne pas visiter mon frère Kadhafi, ils nous conseillent d’être ingrats et d’oublier nos amis d’hier ». En effet, pour l’Occident, les racistes d’Afrique du Sud étaient leurs frères qu’il fallait protéger. C’est pour cela que tous les membres de l’Anc étaient considérés des dangereux terroristes, y compris Nelson Mandela. Il faudra attendre le 2 Juillet 2008, pour que le Congrès Américain vote une loi pour rayer le nom de Nelson Mandela et de ses camarades de l’ANC de cette liste noire, pas parce qu’ils ont compris la bêtise d’une telle liste, mais parce qu’on voulait faire un geste pour les 90 ans de Nelson Mandela. Si les Occidentaux sont aujourd’hui repentis de leur soutient d’hier aux ennemis de Mandela et sont vraiment sincères lorsqu’on lui donnent des noms de rue et de places, comment continuer à faire la guerre à celui qui a permis la victoire de Mandela et son peuple, Kadhafi ?
CEUX QUI VEULENT EXPORTER LA DEMOCRATIE SONT-ILS DE VRAIES DEMOCRATIES ?
Et si la Libye de Kadhafi était plus démocratique que les USA, la France , la Grande Bretagne et tous ceux qui font la guerre pour exporter la démocratie en Libye ? Le 19 Mars 2003, le Président Georges Bush lance les bombes sur la tête des Iraquiens avec le prétexte d’y exporter la démocratie. Le 19 Mars 2011, c’est-à-dire 8 ans plus tard et jour pour jour, c’est le Président Français qui lance ses bombes sur la tête des Libyens avec le même prétexte de leur offrir la démocratie. Monsieur Obama, Prix Nobel de la Paix 2009 et président des Etat Unis d’Amérique, pour justifier qu’il procède à un déferlement de missiles Cruise de ses sous-marins sur la tête des Libyens a dit que c’était pour chasser le dictateur Kadhafi du pouvoir et y instaurer la démocratie.
La question que tout être humain doté de la moindre capacité intellectuel de jugement et d’appréciation ne peut s’empêcher de se poser est : ces pays comme la France , l’Angleterre, les USA, l’Italie, la Norvège , le Danemark, la Pologne dont la légitimité pour aller bombarder les Libyens se base sur le seul fait de s’être autoproclamés « pays démocratiques » sont-ils réellement démocratiques ? Si oui, sont-ils plus démocratiques que la Libye de Kadhafi ? La réponse, sans équivoque est NON, pour la simple et bonne raison que la démocratie n’existe pas. Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais celui-là même dont la ville natale, Genève abrite l’essentiel du commandement des Nations Unies. Il s’agit bien entendu de Jean-Jacques Rousseau né à Genève en 1712 qui affirme dans le chapitre IV du Livre III de son très célèbre « Contrat Social » que : « il n’a jamais existé de véritable démocratie, et il n’en existera jamais». Pour qu’un état soit véritablement démocratique Rousseau pose 4 conditions selon lesquelles la Libye de Kadhafi est même de loin plus démocratique que les Etats-Unis d’Amérique, la France et tous les autres qui prétendent lui exporter la démocratie à savoir :
Dimension de l’Etat : plus un état est grand, moins il peut être démocratique, pour Rousseau l’Etat doit être très petit pour que le peuple soit facile à rassembler et que chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres. Avant donc de faire voter les gens, il faut s’assurer que chacun connaisse tous les autres sans quoi voter pour voter est un acte dénué de tout fondement démocratique, c’est un simulacre de démocratie pour élire un dictateur. La structure de l’organisation de l’Etat Libyen se fonde sur une base tribale qui regroupe par définition le peuple en de petites entités. Le sentiment démocratique est plus présent dans une tribu, dans un village que dans une grande Nation, parce que le fait que tout le monde se connaisse et que la vie tourne autour des mêmes points communs apporte une sorte d’autorégulation, d’autocensure même pour peser à chaque instant, la réaction ou la contre-réaction des autres membres pour ou contre les opinions qu’on peut avoir. Sous cet angle, c’est la Lybie qui répond le mieux aux exigences de Rousseau, ce qu’on ne peut pas dire de même pour les Etats-Unis d’Amérique, la France ou la Grande Bretagne , des sociétés fortement urbanisées où la majorité des voisins ne se disent même pas bonjour et donc ne se connaissent pas, même vivant cote-à-cote pendant 20 ans. Dans ces pays, on est passé directement à l’étape suivante : « le vote » qu’on a malignement sanctifié afin de faire oublier que ce vote est inutile à partir du moment où je m’exprime sur l’avenir d’une nation sans en connaitre ses membres. On est ainsi arrivé jusqu’à la bêtise du vote des citoyens vivant à l’étranger. Se connaitre et se parler est la condition essentielle de la communication pour le débat démocratique qui précède toute élection.
Il faut la simplicité des mœurs et des comportements pour éviter que l’on passe l’essentiel du temps à parler de justice, de tribunal pour trouver des solutions aux multitudes querelles d’intérêts divers qu’une société trop complexe fait naitre naturellement. Les Occidentaux se dé finissement comme des pays civilisés, donc aux mœurs complexes et la Libye comme pays dit primitif, c’est-à-dire aux meurs simples. Sous cet angle, encore une fois, c’est la Libye qui répondrait mieux aux critères démocratiques de Rousseau que tous ceux qui prétendent lui donner des leçons de démocratie. Dans une société complexe, les trop nombreux conflits sont résolus par la loi du plus fort, puisque celui qui est riche évite la prison parce qu’il peut se permettre un meilleur avocat et surtout, orienter l’appareil répressif de l’état contre celui qui vole une banane dans un supermarché, plutôt que le délinquant financier qui fait crouler une banque. Dans une ville comme New York où 75% de la population est blanche, 80% des postes de cadres sont occupés par des Blancs et ils ne sont que 20% des personnes en prison.
L’égalité dans les rangs et dans les fortunes. Il suffit de voir le classement FORBES 2010 pour voir quels sont les noms des personnes les plus riches de chacun des pays qui jette la bombe sur la tête des Libyens et voir la différence avec le salaire le plus bas dans chacun des pays et faire de même pour la Libye pour comprendre qu’en matière de redistribution de la richesse du pays, c’est à la Libye d’exporter son savoir faire à ceux qui la combattent et non le contraire. Même sous cet angle, selon Rousseau, la Libye serait plus démocratique que ceux qui veulent pompeusement lui exporter la prétendue démocratie. Aux Etats-Unis 5% de la population possèdent 60% de la richesse nationale. C’est le pays le plus déséquilibré, le plus inégal du monde.
PAS DE LUXE. Pour Rousseau pour qu’il y ait la démocratie dans un pays, il ne faut pas qu’il y ait de luxe parce que selon lui, le luxe rend nécessaire la richesse et cette dernière devient la vertu, l’objectif à atteindre à tout prix et non le bonheur du peuple, « le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l’un par la possession, l’autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l’Etat tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l’opinion ». Ya-t-il plus de luxe en France ou en Libye ? Ce rapport d’asservissement des employés qui sont poussés jusqu’au suicide les employés mêmes des entreprises publiques ou semi-publique, pour des raisons de rentabilité et donc de possession de luxe d’une des parties est-il plus criant en Libye ou en Occident ?
Le sociologue Américain C. Wright Mills a décrit en 1956 la démocratie américaine comme « la dictature des élites ». Selon Mills, les Etats-Unis d’Amérique ne sont pas une démocratie parce qu’en définitive, c’est l’argent qui s’est substitué au peuple. Le résultat de chaque élection y est l’expression de la voix de l’argent et non la voix du peuple. Après Bush-père et Bush-fils, pour les primaires républicaines de 2012, on parle déjà de Bush-benjamin. En plus, si le pouvoir politique se base sur la bureaucratie, Max Weber fait remarquer qu’il y a 43 millions de fonctionnaires et militaires aux Etats-Unis qui commandent effectivement le pays, mais qui n’ont été votés par personne et qui ne répondent pas directement au peuple de leurs activités. Une seule personne (un riche) est donc votée mais le vrai pouvoir sur le terrain est tenue par une seule caste de riches qui ne résulte purement et simplement que de nominations comme les ambassadeurs, les généraux de l’armée etc…
Combien de personnes dans les pays autoproclamés « démocratiques » savent qu’au Pérou la constitution interdit un deuxième mandat consécutif au président de la république sortant ? Combien de personnes savent qu’au Guatemala, non seulement le président sortant ne doit plus jamais se présenter comme candidat à cette fonction, mais qu’en plus à aucun degré de parenté, aucun membre de sa famille ne pourra plus prétendre à cette fonction ? Combien savent que le Rwanda est le pays qui intègre politiquement le mieux les femmes au monde avec 49% de parlementaires femmes ? Combien savent que dans le classement de la CIA 2007, sur 10 pays les mieux gérés au monde, 4 sont Africains ? Avec la palme d’or à la Guinée équatoriale dont la dette publique ne représente que 1,14% de son PIB. Ceux qui disent que Kadhafi a tiré sur son propre peuple savent-ils que c’est exactement ce que le héro de Obama, Abraham Lincoln a fait, mais avec 630.000 morts ?
La guerre civile, les révoltes, les rebellions sont les ingrédients d’un début de démocratie soutient Rousseau. Parce que la démocratie n’est pas une fin, mais un processus permanent pour réaffirmer les droits naturels des humains que dans tous les pays du monde (sans exception) une poignée d’hommes et de femmes, confisquant le pouvoir du peuple, l’oriente pour se maintenir aux affaires. On trouve ici et là des formes de castes qui usurpent le mot « démocratie » qui doit être cet idéal vers lequel tendre et non un label à s’approprier ou un refrain à vanter parce qu’on est juste capable de crier plus fort que les autres. Si un pays est calme comme la France ou les Etats-Unis, c’est-à-dire sans aucune révolte, pour Rousseau cela veut tout simplement dire que le système dictatorial est suffisamment répressif pour empêcher toute tentative de rébellion. Si les Libyens se révoltent, ce n’est pas une mauvaise chose. C’est prétendre que les peuples acceptent stoïquement le système qui les opprime partout dans le monde sans réagir qui est très mauvais. Et Rousseau de conclure : « Malo periculosam libertatem quam quietum servitium -traduction : S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes ». Dire qu’on tue les Libyens pour leur bien est un leurre.
C- QUELLES LECONS POUR L’AFRIQUE ?
Après 500 ans de relations de dominateur et de dominé avec l’Occident, il est dès lors prouvé que nous n’avons pas les mêmes critères pour définir le bon et le méchant. Nous avons des intérêts profondément divergents. Comment ne pas déplorer le Oui de 3 pays africains au sud du Sahara, Nigeria, Afrique du Sud et Gabon pour la résolution 1973 inaugurant la nouvelle forme de colonisation baptisée « protection des peuples », validant la théorie raciste que les Européens véhiculent depuis le 18ème siècle selon laquelle l’Afrique du Nord n’a rien à partager avec l’Afrique Subsaharienne, l’Afrique du nord serait ainsi plus évoluée, plus cultivée et plus civilisée que le reste de l’Afrique. Tout se passe comme si la Tunisie , l’Egypte, la Libye , l’Algérie ne faisaient pas partie de l’Afrique. Même les Nations Unies semblent ignorer la légitimité de l’Union Africaine sur ses états membres. L’objectif est d’isoler les pays d’Afrique subsaharienne afin de mieux les fragiliser et les tenir sous contrôle. En effet, dans le capital du nouveau Fond Monétaire Africain (FMA), l’Algérie avec 16 milliards de dollars et la Libye avec 10 milliards de dollars contribuent à eux tous seuls pour près de 62% du capital qui est de 42 milliards de Dollars. Le premier pays d’Afrique subsaharienne et les plus peuplés, le Nigeria suivi de l’Afrique du Sud arrivent très loin derrière avec 3 milliards de dollars chacun.
C’est très inquiétant de constater que pour la première fois de l’histoire des Nations Unies, on a déclaré la guerre à un peuple sans avoir exploré au préalable la moindre piste pacifique pour solutionner le problème.
L’Afrique a-t-elle encore sa place dans une telle organisation ? Le Nigeria et l’Afrique du Sud sont disposés à voter OUI à tout ce que l’Occident demande, parce qu’ils croient naïvement aux promesses des uns et des autres de leur donner une place de membre permanent au Conseil de Sécurité avec le même droit de veto. Ils oublient tous les deux que la France n’a aucun pouvoir de leur attribuer le moindre poste. Si elle l’avait, il y a belle lurette que Mitterrand l’aurait faite pour l’Allemagne de Helmut Kohl. La reforme des Nations Unies n’est pas à l’ordre du jour. La seule manière de compter, est la méthode chinoise : tous les 50 pays africains doivent quitter les Nations Unies. Et s’ils doivent y retourner un jour, ne le faire que s’ils ont obtenu ce qu’ils demandent depuis longtemps, un poste pour toute la fédération africaine, sinon rien.
Cette méthode de la non-violence est la seule arme de justice dont disposent les pauvres et les faibles que nous sommes. Nous devons tout simplement quitter les Nations Unies, car cette organisation de par sa configuration, de par sa hiérarchie est aux services des plus forts.
Nous devons quitter les Nations Unies afin de marquer notre réprobation de cette conception du monde basée uniquement sur l’écrasement du plus faible. Tout au moins ils seront libres de continuer de le faire, mais pas avec notre signature, pas en rappelant que nous sommes d’accord alors qu’ils savent très bien qu’ils ne nous ont jamais interrogés. Et même quand nous avons donné notre propre point de vue, comme la rencontre de samedi 19/3 à Nouakchott avec la déclaration sur la contrariété à l’action militaire, ceci a été passé tout simplement sous silence pour aller accomplir le forfait de bombarder le peuple africain.
Ce qui arrive aujourd’hui est le scénario déjà vu auparavant avec la Chine. Aujourd ’hui, on reconnaît le gouvernement Ouattara, on reconnaît le gouvernement des insurgés en Libye. C’est ce qui s’est passé à la fin de la deuxième guerre mondiale avec la Chine. La soit disant communauté internationale avait choisi Taiwan comme unique représentant du peuple Chinois en lieu et place de la Chine de Mao. Il faudra attendre 26 ans, c’est-à-dire le 25 octobre 1971 avec la résolution 2758 que tous les Africains devraient lire, pour mettre fin à la bêtise humaine. La Chine est admise, sauf qu’elle a prétendu et obtenue d’être membre permanent avec doit de veto, si non elle n’entre pas. Cette exigence satisfaite et la résolution d’admission entrée en vigueur, il faudra attendre un an pour que le 29 septembre 1972, le Ministre Chinois des Affaires Etrangères donne sa réponse avec une lettre au Secrétaire Général des Nations Unies pas pour dire Oui ou Merci, mais pour faire des mises au point, en garantie de sa dignité et de sa respectabilité. Qu’est-ce que l’Afrique espère obtenir des Nations Unies sans poser un acte fort pour se faire respecter ? On a vu en Cote d’Ivoire un fonctionnaire des Nations Unies se considérer au dessus d’une institution constitutionnelle de ce pays. Nous sommes entrés dans cette organisation en acceptant d’être des serfs et croire que nous serons invités à table pour manger avec les autres dans les plats que nous avons lavés est tout simplement crédule, pire, stupide. Quand l’UA reconnaît la victoire de Ouattara sans même tenir compte des conclusions contraires de ses propres observateurs envoyés sur le terrain, juste pour faire plaisir à nos anciens maîtres, comment peut-on nous respecter ? Lorsque le président Sud-Africain Zuma déclare que Ouattara n’a pas gagné les élections et change à 180° disant le contraire après une petite visite de 8 heures à Paris, on peut se demander ce que valent ces dirigeants qui représentent et parlent au nom de 1 milliard d’Africains.
La force et la vraie liberté de l’Afrique viendront de sa capacité à poser des actes réfléchis et en assumer les conséquences. La dignité et la respectabilité ont un prix. Sommes-nous disposés à le payer ? Si non, notre place reste à la cuisine, aux toilettes pour garantir le confort des autres.
Jean-Paul Pougala – pougala@gmail.com Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
(*) Jean-Paul Pougala est un écrivain d’origine camerounaise, directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégiques et professeur de sociologie à l’Université de la Diplomatie de Genève en Suisse.
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