31/01/2011

Le “négationnisme”, selon Ould Kablia



Quand il se sent interpellé par la société, le pouvoir algérien a toujours préféré le silence à la communication. Depuis qu’une vague de soulèvement balaie la région, les questions politiques sont en suspens. À peine quelques interventions “techniques” rappellent qu’il y a des dirigeants dans ce pays. En réponse aux émeutes du début du mois, concomitantes aux évènements de Tunisie que prolongent les révoltes en Égypte, le gouvernement s’occupe de fourbir en silence ses armes de maintien de l’ordre.
La rumeur de remaniement ministériel, spontanée ou provoquée, fondée ou non, a, un moment, mis l’opinion dans l’expectative. Mais le sentiment que quelque chose devrait se passer avant que ne s’évanouisse cette ambiance de révolte, de ressentiment et d’inquiétude mêlées, a vite repris le dessus. Même les émeutes d’Égypte n’arrivent pas à occuper entièrement l’attention populaire.
Le pouvoir lui-même convient que l’heure est grave, mais au lieu de concevoir la riposte politique, il préfère en faire une question strictement sécuritaire et ne délègue plus que son ministre de l’Intérieur pour entretenir “le dialogue” avec la société. Et c’est Ould Kablia qui justifie le traitement policier, qui lui incombe, des frémissements de la société : “En Algérie, nous n’avons pas ressenti de revendications politiques. À aucun moment, et je ne parle pas seulement des évènements de ce mois-ci, mais de tous les évènements récents. Nous n’avons pas décelé une empreinte politique, des noms cités...”
Pourtant, dans ce qu’il appelle ses “analyses”, il “admet l’existence d’un sentiment d’injustice chez certaines catégories vulnérables en matière d’emploi et de logement. Je cite également la cherté de la vie, le désarroi moral des administrés, l’insuffisance dans la gestion de certaines assemblées élues qui ont tendance à s’éloigner des préoccupations des citoyens, l’absence des canaux de communication, la bureaucratie, la précarité des dispositifs d’aide à l’emploi, ne portant que sur des périodes limitées, le climat de réprobation suscité par les scandales liés à la corruption, le diktat des spéculateurs et des gros commerçants, l’absence de la place publique de la classe politique et des associations, le recul du rôle d’institutions de socialisation et de transmission des valeurs… "
Malgré ce tableau peu reluisant et ce    “malaise profond” qu’il reconnaît, le ministre de l’Intérieur nie trouver dans ses “analyses” “la moindre empreinte politique” !
Il décèle, au contraire, un “discours négationniste occultant les réalisations socioéconomiques et l’incontestable amélioration de la situation sécuritaire”, négationnisme qu’il fait endosser à       “des milieux, y compris la presse”. C’est, par ailleurs, cette même situation sécuritaire “améliorée” qui tient lieu de prétexte pour l’interdiction de tout rassemblement d’Algériens dans la capitale. Tout se passe comme si le régime, maintenant au fait de l’échec de sa gestion, n’a plus à opposer au message de changement que ses attributs de répression. Cette option policière semble avoir mis le ministre de l’Intérieur en première ligne. Son impréparation politique fait le reste.
liberté du 31/01/201

Le chômage a atteint des seuils alarmants

Des milliers de jeunes diplômés à la recherche d’un sésame

Jijel- Le nombre de postes créés à travers les différents dispositifs ne couvre qu’une infime partie de la demande.
Karim, appelons-le ainsi, a insisté pour qu’on vienne écrire un article sur le chômage des jeunes à Settara, une commune rurale du sud-est de la wilaya. Diplômé en gestion des ressources humaines, ce jeune, d’une trentaine d’années, rêve d’un poste d’emploi. Son cas n’est pas unique dans cette localité sans perspectives pour les chômeurs. «Il n’y a pas d’investissement dans cette commune. Pas d’industrie ni même une activité agricole pour aider à la création de postes d’emploi pour les jeunes», reconnaît le P/APC, Kamel Kehal.
Celui-ci fait savoir, cependant, que depuis trois années, l’APC de Settara a pu créer une centaine de postes aussi bien pour les diplômés que pour les jeunes sans qualification professionnelle. Ces postes n’ont pas concerné Karim, qui, selon ses mots, n’a rien vu venir depuis que son contrat d’aide à l’insertion professionnelle (CIP) a pris fin il y a plus d’une année. «Après avoir renouvellé à plusieurs reprises ma carte de demandeur d’emploi à l’agence locale d’El Milia, et en désespoir de cause, j’ai décidé de ne plus y aller. Trouver un poste de travail par l’intermédiaire de cette agence est devenu pour moi une utopie», lâche-t-il. Las d’attendre un hypothétique poste d’emploi, il fonde depuis, quelques temps, son espoir sur une éventuelle embauche à l’hôpital d’El Milia, où il a exercé durant deux années dans le cadre d’un contrat d’insertion professionnelle. «Je sais qu’il y aura des postes à l’hôpital.

Je suis en contact avec un ami qui m’a informé que le plan de gestion va être bientôt signé, mais je ne participerai pas au concours. Je préfère m’inscrire dans la catégorie des ouvriers professionnels pour mettre davantage de chances de mon côté», précise-t-il. A côté de lui, Hamid, son ami, étudiant en quatrième année de sciences politiques à l’université de Tassoust, évoque le désarroi des chômeurs de cette localité et fait part des mêmes appréhensions en affirmant: «Les jeunes n’ont qu’une seule alternative: quitter ce village ou crever.» Il nous évoque le cas de son frère qu’il nous a présenté, et qui reste, à 28 ans, lui aussi sans emploi. Le cas de ces jeunes, diplômés ou non, n’est que la partie visible des conditions de chômage qui font rage au sein de la population active. Côté officiel, on annonce plutôt un taux de chômage de 9,74% dans cette wilaya, où les femmes sont les plus touchées par ce fléau, selon le directeur d’emploi.

Lors d’une conférence de presse tenue, mardi dernier, au siège de la wilaya, ce responsable a fait part des efforts entrepris par les pouvoirs publics pour absorber le chômage par l’intermédiaire des différentes formules de création de postes d’emploi. A ce titre, il a indiqué que 10 737 jeunes ont bénéficié d’un contrat de travail dans le cadre du dispositif d’aide à l’insertion professionnelle (DAIP). Par ailleurs, le nombre d’emplois dans cette wilaya a atteint 239 615, dont 41,54% ne sont pas permanents, selon les statistiques communiquées par la direction de l’emploi. La masse des travailleurs temporaires est la plus importante dans les secteurs de l’hydraulique, la construction et les travaux publics, d’après la même source.
el watan du 31/01/2011

30/01/2011

Industrie textile : Un plan de restructuration pour réduire la facture d’importation

Pourvoyeur d’emploi, le secteur du cuir et du textile sera prochainement réhabilité.

Un plan de restructuration est en élaboration. Le gouvernement a décidé de  relancer cette activité qui employait, il y a une vingtaine d’années, 200.000 employés, dont la majorité  des ateliers  étaient implantés  dans les zones enclavées du pays. Aujourd’hui, les effectifs ont sensiblement baissé ( 15.000 travailleurs).
Plusieurs raisons sont à l’origine de la détérioration de cette richesse, notamment la situation sécuritaire prévalant dans les années 90, la défaillance des plans d’ajustement structurel engendrant  la fermeture de plusieurs entreprises. En dépit de tout, une cinquantaine d’entreprises du textile, de l’habillement  ont réussi à se maintenir dans 27 wilayas du pays. Intervenant hier sur les ondes de la Chaîne III, le secrétaire général de la fédération des cuir et textile de l’UGTA M, Tahar Takdjout, a souligné que ce plan ambitieux   permettra de rattraper les retards accusés. « C’est difficile mais c’est possible.  L’Algérie a beaucoup perdu dans le domaine.  Il va falloir aller plus loin et expliquer la teneur de ce plan», a souligné l’invité de la rédaction, regrettant sur sa lancée que le plan de restructuration  initié par les pouvoirs publics, ne soit pas soumis aux principaux concernés, le syndicat en premier lieu.
La récupération des structures exi tantes, notamment les tanneries menacées de fermeture, l’investisse- ment, la facilitation des crédits bancaires, pour l’achat des matières premières, l’assainissement de la situation financière de certaines entreprises … sont inscrits au programme de réhabilitation en question. De même pour certaines questions étant en suspens pendant des années, telle la culture du coton,  la fibre synthétique et le tissu éponge. 
Selon M. Takdjout, il y a de grandes possibilités, il suffit seulement de faire preuve  d’imagination et d’ingéniosité. Il met l’accent sur la qualification. «Nous avons beaucoup perdu. Il faut faire appel aux anciens de ce secteur. Cette activité a besoin de maintenir cette  qualification. Aujourd’hui, former un ingénieur, nécessite  trois années», a-t-il souligné, estimant qu’assurer une relève nécessite des années. L’Algérie représente aujourd’hui moins de 10% de la  réalité  du marché qui représente aujourd’hui 400 millions de mètres linéaires. «La  consommation nationale du textile est estimée   aujourd’hui à  2 milliards de dollars. Tout est importé», a regretté l’invité de la rédaction.
Evoquant les erreurs commises par le passé, M. Takdjout souligne que cette industrie a été mal préparée à l’ouverture du marché. «Il fallait mettre à niveau les entreprises. Le moment est donc venu pour mettre de l’ordre dans ce secteur», a-t-il ajouté  relevant les possibilités et atouts de l’Algérie.
 Le secteur travaille uniquement avec quelques institutions et  marchés publics. Plusieurs marchés,  publics surtout échappent aux entreprises algériennes de confection. La  récupération des  marchés ou contrats avec les secteurs  de l’enseignement supérieur qui comptent  400.000 lits au niveau des campus universitaires, de l’éducation pour la confection  de tabliers d’écoliers et même de l’armée, favorisera un recrutement  massif. Le effectifs pourront s’élever à  30.000 travailleurs. Des parts du marché de la chaussure peuvent aussi être récupérées. Selon M. Takdjout  pas moins de 60 millions de paires de chaussures sont commercialisées sur le marché algérien. Un million seulement est fabriqué localement. C’est dire le retard à rattraper et le déficit à combler. 
Créateur d’emplois, le secteur, une fois restructuré,  favorisera  l’émergence de la micro et petite entreprise. L’intervenant se réfère à certaines expériences européennes. «C’est le seul moyen pour pouvoir réduire la facture de l’importation. Pour y parvenir, il est impératif  d’organiser des assises nationales, regroupant tous les opérateurs publics et privés  intervenant dans cette industrie.   
Au sujet des exportations frauduleuses du cuir, l’invité de la rédaction estime qu’elles constituent une perte pour l’Algérie. «Une mission économique italienne a fait état d’une opération d’importation de cuir de 6 millions de dollars qui ne figure pas dans les chiffres officiels»,  a regretté M. Takdjout.
Quotidien horizon du 30/01/2011

27/01/2011

Le Conseil national de la concurrence réactivé

En panne depuis une dizaine d'années

Le ministre du Commerce, Mustapha Benbada a déclaré, jeudi 27 janvier en marge des travaux en plénière de l’Assemblée populaire nationale consacrés aux questions orales, que le Conseil national de la concurrence, en panne depuis une dizaine d’années, reprendra bientôt du service. La dernière polémique née entre le patron de Cevital, ses concurrents directs sur le marché du sucre et de l’huile et le ministère du Commerce suite à la propension d’Issad Rebrab à baisser les pris de ses produits immédiatement après la réunion avec la tutelle, a incité les autorités compétentes à réactiver rapidement les mécanismes de contrôle de la concurrence, le CNC en premier lieu. « Nous tiendrons bientôt un conseil interministériel pour mettre au point les textes qui régiront le fonctionnement du Conseil national de la concurrence » a soutenu le ministre.

Il a révélé, en outre, que le gouvernement procédera incessamment à la promulgation d’une série de textes d’application (décrets exécutifs et arrêtés interministériels) pour la loi sur la régulation des prix et la concurrence, adoptée en juillet dernier par le Parlement. Le ministre du Commerce a affirmé que le gouvernement œuvre à stabiliser les prix des produits de base. A ce titre, il a attesté qu’il n’existe de situation de monopole pour aucun produit quel qu’il soit, mais une situation de dominance (un opérateur qui détient plus de 45 % des parts de marché), ce qui n’est nullement interdit par les lois.
tsa du 27/01/2011

26/01/2011

Le gouvernement ordonne le déblocage de plusieurs dossiers économiques

Alors que le Haut conseil de sécurité s’est réuni pour la première fois depuis 1999

Alors que des rumeurs évoquent avec insistance un remaniement ministériel, le gouvernement, soumis à de fortes pressions, a commencé à agir sur plusieurs dossiers économiques. Selon nos informations, plusieurs dossiers de petite et de moyenne envergure seront débloqués dans les prochains jours. Le gouvernement a instruit les wilayas et les administrations locales en ce sens. Ces administrations ont même été autorisées à négocier un assouplissement de la règle dite 51/49 avec des investisseurs étrangers.

Dans une seconde étape, les autorités vont débloquer d’autres projets d’investissements notamment étrangers, actuellement en souffrance. Plusieurs lois et mesures prises dans le cadre des lois de finances complémentaire 2009 et 2010 seront abrogées ou assouplies. Parmi elles, celle des 51/49, a ajouté notre source.

Ce recul du gouvernement constitue la seconde mesure prise par les autorités suite aux dernières émeutes populaires. Le gouvernement avait déjà baissé les prix du sucre et de l’huile. Mais ces mesures risquent de s’avérer insuffisantes face à la montée des revendications en faveur de l’ouverture politique et pour un véritable changement. Sur ce plan, le pouvoir semble hésitant. Selon nos informations, le 22 janvier, jour de la marche avortée du RCD, le Haut conseil de sécurité s’est réuni à Alger pour la première fois depuis l’arrivée de Bouteflika au pouvoir en 1999.
tsa du 26/01/2011

24/01/2011

L’indice de performance de l’entreprise algérienne lancé aujourd’hui

Lancement du CaC40 version Algérienne

Le Forum des chefs d’entreprise (FCE) lancera, aujourd’hui à Alger, son indice de la qualité de l’environnement économique de l’entreprise algérienne désigné sous l’appellation “IFPE 40 Algérie”, ou “Indice du FCE pour la performance de l’entreprise algérienne”. La publication d’un indice de la qualité de l’environnement économique de l’entreprise algérienne vise à “mieux positionner les débats économiques du Forum en les recentrant autour des préoccupations les plus simples telles qu’elles sont exprimées au quotidien par les entrepreneurs, qu’ils soient publics ou privés et qu’ils soient ou non membres du FCE”. Selon cette organisation patronale, l’indice est conçu sur la base du suivi régulier des solutions qui seront apportées à une quarantaine de contraintes administratives ou réglementaires, ainsi que d’obstacles techniques précis entravant la gestion des entreprises au quotidien. “Le chiffre 40 renvoyant aux quarante obstacles ou entraves techniques recensés et suivis de manière régulière par les équipes du Forum”, fait-il remarquer. Le développement de l’indice IFPE permettra, par ailleurs, de “jeter un regard spécifiquement algérien sur les difficultés vécues par les entrepreneurs et les créateurs de richesses dans notre pays, loin de toute influence externe ou de tout a priori idéologique”, estime le FCE.
liberté du 23/01/2011

18/01/2011

Pour tenter d’absorber la colère des chômeurs

Le gouvernement presse les entreprises publiques de créer des emplois avec effet immédiat:

Après les importations massives, les emplois artificiels. Pour calmer le front social en ébullition depuis quelques semaines en raison du chômage et de la mal-vie, le gouvernement multiplie les recettes. Dernière initiative en date, il a demandé aux entreprises et banques publiques de créer rapidement des emplois. Selon nos informations, plusieurs organismes publics ont reçu l’instruction de préparer un plan d’embauche et de le présenter dès aujourd’hui à leur tutelle.

« Le gouvernement nous a demandé de créer des emplois avec effet immédiat, même si nous n’en avons pas vraiment besoin », affirme à TSA un dirigeant d’une entreprise publique. « Le gouvernement a demandé de présenter un plan sur nos possibilités de recrutement », confirme un autre chef d’entreprise qui a requis l’anonymat.

Les entreprises des travaux publics et du bâtiment ont reçu des ordres de la part des ministres dont elles dépendent pour créer rapidement le maximum d’emplois. Le gouvernement veut ainsi absorber la colère des chômeurs, dont sept ont dernièrement recouru à une tentative d’immolation par le feu pour réclamer du travail.

Officiellement, le taux de chômage est de 10 % en Algérie. Mais ce chiffre ne reflète pas la réalité. Le gouvernement n’arrive pas à offrir du travail aux 120 000 nouveaux diplômés qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Toutefois, le problème du chômage n’est pas seulement lié à la situation économique du pays. Depuis deux ans au moins, le gouvernement bloque de nombreux projets d’investissements nationaux et étrangers.

Si l’absence d’autorisations pour les projets émanant d’investisseurs étrangers est liée à la volonté du gouvernement de contrôler le flux des devises qui sortent du pays, les blocages concernant des privés algériens est plus difficile à expliquer. « Il y a dix ans, on pouvait créer une entreprise et commencer à travailler en l’espace de dix jours. Avec un récépissé délivré par l’administration, on pouvait même importer du matériel. Aujourd’hui, tout est bloqué. Les dossiers attendent plusieurs mois, parfois sans réponse », se plaint un chef d’entreprise privée. « On peut créer des emplois. Mais le gouvernement doit d’abord autoriser les projets et cesser les blocages », conclut-il. Mohamed Benmeradi, ministre de l’Industrie, n’a‑t‑il pas affirmé début janvier que Renault et Volkswagen voulaient investir en Algérie mais que le gouvernement était en train de « réfléchir » ?
tsa du 18/01/2011