24/10/2010

La saignée continue dans les dispositifs d’aide à la création d’emploi

La directrice Générale de l'ANSEJ aurait été limogée.


Après l’interpellation au mois d’août passé, du Directeur Général de la CNAC pour une affaire de détournement de deniers de l’Etat impliquant les deux Directions Régionales de Ain Temouchent et de Sidi Bel Abbes, voilà que c’est au tour de l’ANSEJ, d’enregistrer une affaire de chèques qu’auraient signés à blanc l’actuel Directrice Générale de l’ANSEJ, alors première responsable du dispositif de l’ANGEM.

En effet, et selon notre source (qui n’a pas souhaité évoquer son nom), depuis au moins deux mois, l’ANSEJ- aurait été décapitée.

La source ajoute que la prédestinée de l’institution aurait été mise entre les mains de l’actuel Directeur Général de …. La CNAC, en attendant les conclusions de l’enquête ou alors, la désignation d’un nouveau responsable, si les inculpations s’avéraient être vraies à l’encontre de l’ex première responsable de l’ANGEM et l’actuel Directrice Générale de l’ANSEJ.

Pour rappel, et selon, le site d’Echourouk, dans son édition du 27.09.2010, le DG de la CNAC risquerait d’être inculpé pour non dénonciation de crime économique, dans l’affaire ayant ternie ses deux directions régionales de l’oranie.

Apparemment, l’investissement des Jeunes et des moins jeunes semble profiter plus aux responsables des trois institutions (ANSEJ, CNAC, ANGEM)… ce qui d’ailleurs, pourrait expliquer la frilosité des banques à s’impliquer plus dans ces dispositifs !!!
source: mouqawal2010











Ansej - CNAC : Plus de 75 000 postes d’emploi créés en 2009


Près de 29 000 projets ont été financés dans le cadre du plan d’action pour la promotion de l’emploi et la lutte contre le chômage (Ansej et CNAC) en 2009 contre seulement 13 000 projets financés en 2008, selon Tayeb Louh, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale.S’exprimant lors d’un regroupement national des cadres de l’emploi des wilayas du Centre, le ministre a estimé que les projets financés au cours de l’année dernière a permis la création de plus de 75 000 postes d’emploi «durables» contre 37 000 postes d’emploi en 2008. Pour le 1er semestre de l’année en cours, plus de 42 000 postes d’emploi ont été créés.

A ce titre, le ministre a exprimé son satisfecit. Ceci dit, il a rappelé que le plan d’action pour la promotion de l’emploi et la lutte contre le chômage devra aboutir à la création de 3 millions d’emplois entre 2010 et 2014. Pas moins de 40 000 micro-entreprises seront créées par année dans le cadre des dispositifs CNAC-Ansej, soit 100 000 emplois/an, selon ses prévisions.
Hocine Lamriben el watan du 24/10/2010

Blocage des projets Ansej et CNAC : Les banques incriminées


Tayeb Louh s’en est pris vertement à certaines banques, les accusant de vouloir torpiller le plan d’action pour la promotion de l’emploi et la lutte contre le chômage.

Le financement des projets dans le cadre des dispositifs de l’Ansej et de la CNAC bute sur le refus de certaines banques, déplore Tayeb Louh, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale. Intervenant au cours d’un point de presse improvisé en marge du regroupement national des cadres de l’emploi des wilayas du Centre, organisé au siège de son département, Tayeb Louh s’en est pris vertement à certaines banques, les accusant de vouloir torpiller le plan d’action pour la promotion de l’emploi et la lutte contre le chômage. «Le financement des projets des jeunes est hypothéqué par certaines agences bancaires. Les responsables de ces agences avancent le prétexte des mesures prudentielles. Ce qui n’est pas normal puisque des garanties leur ont été offertes», a-t-il dénoncé, en pointant du doigt particulièrement la BADR, comme étant l’établissement bancaire où les blocages y sont importants.

La problématique du financement des projets des jeunes dans le cadre des deux dispositifs ne date pas d’aujourd’hui, díaprès le ministre. Déjà en 2008, un comité interministériel, en présence des responsables des banques, síest réuni pour lever ces contraintes, rappelle líorateur. «La réforme a concerné l’unification des deux dispositifs, le montant fixé donc à 5 millions de dinars a augmenté pour atteindre 10 millions de dinars, semblable à celui de l’ANSEJ. Comme nous avons mis en place un fonds de garantie des crédits aux PME et nous avons exigé des banques de ne pas dépasser les délais de deux mois pour le traitement des dossiers, comme l’exige la loi», précise le ministre.

Ces réformes visaient la facilitation du financement des projets inscrits au niveau des deux dispositifs, note-t-il. Finalement, presque deux ans après la mise en place du plan d’action pour la promotion de l’emploi et la lutte contre le chômage, les choses ont peu ou prou bougé. «Le problème persiste toujours. Le traitement des dossiers dépasse le délai légal. Il se trouve même que des responsables de certaines agences bancaires veulent même créer leur Etat au niveau des wilayas et agissent à leur guise. Ce n’est pas normal qu’ils bloquent un des programmes du gouvernement», peste Tayeb Louh, non sans indiquer que l’Etat ne va pas fermer les yeux sur ces blocages. «Je serai intransigeant dans le cadre de la loi», menace le conférencier, en exigeant de ses cadres au niveau local de dresser des rapports circonstanciés sur toutes les banques qui persistent à ne pas financer les projets des jeunes demandeurs de crédits dans le cadre des dispositifs Ansej ou CNAC.

Et c’est sur la foi des ces mêmes rapports qu’il compte agir pour débloquer la situation. Interrogé sur le taux de refus des banques, le membre du gouvernement n’a pas souhaité y répondre, se contentant de dire par contre que le taux de non- remboursement des crédits par les jeunes ayant contracté des crédits bancaires est moins élevé comparativement aux taux de crédits accordés par les banques. «Une preuve de plus que certaines banques ne pourront pas faire valoir comme un alibi pour refuser ou bloquer des dossiers», souligne le ministre.
Hocine Lamriben el watan du 24/10/2010






23/10/2010

Engouement pour les petits métiers

Travail de la femme rurale à Tizi Ouzou



Avec le chômage et la cherté de la vie, les petits métiers exercés à domicile connaissent un réel engouement auprès de la gent féminine dans la wilaya de Tizi Ouzou.

Parmi la nouvelle gamme d’activités commerciales pratiquées, le couscous roulé à la main, la galette et les gâteaux traditionnels. Avec leurs propres moyens ou appuyées financièrement par les différents dispositifs de soutien à l’emploi de jeunes, ces femmes sont de plus en plus enclines à investir dans ce créneau, décidément porteur dans la région. En milieu urbain, tout comme dans les villages, les échoppes et les fabriques de pain et de gâteaux traditionnels se multiplient et les exemples de réussite dans ce secteur ne manquent pas. «J’ai exercé seule pendant trois années avant de m’installer avec une amie. Nous nous sommes spécialisées dans la confection des gâteaux traditionnels. Les affaires marchent vraiment bien. Parfois, nous nous retrouvons même débordées par les commandes, particulièrement en été, en raison, notamment, des diverses fêtes (mariages et autres).

L’Angem à la rescousse

Les commandes varient selon le client. En hiver, nous préparons aussi de la galette», dira la gérante de l’établissement Amar, situé à M’douha, au chef-lieu de wilaya. Peu équipées, les deux employées de l’établissement doivent trimer dans leur modeste «cuisine» pour faire face aux frais de location (19 000 DA/mois) et d’achat des ingrédients, de plus en plus chers, mais nécessaires à la préparation des gâteaux. Il faut dire que plusieurs initiatives lancées par des femmes dans cette activité artisanale ont fini par prendre de l’ampleur et devenir, de fait, de véritables microentreprises spécialisées pour certaines dans la fabrication du couscous roulé à la main, à l’image de la maison Couscous El Gherbal de Boghni.

Créée dans le cadre du dispositif de l’Ansej, cette maison emploie actuellement une trentaine de femmes pour spécialement rouler le couscous, une pratique devenue, reconnaît-on, non seulement un créneau créateur de richesses, mais aussi un vecteur de conservation du savoir-faire ancestral, jalousement sauvegardé par ces femmes. D’ailleurs, cette maison a été honorée, le 8 mars dernier, une façon de rendre hommage aux femmes rouleuses du couscous qui y exercent et qui ont su sauvegarder les recettes et les méthodes de confection de ce plat national, en le préservant des aléas de l’industrialisation. C’est du moins ce que défendent ces femmes face à la rude «concurrence» des fabricants de pâtes alimentaires industrielles.

Depuis 2005, la maison Couscous El Gherbal travaille dans la fabrication et le roulement de ce mets qui s’impose à la table algérienne, voire méditerranéenne. Outre ses spécialités très prisées sur le marché national par les consommateurs, El Gherbal (le tamis) a présenté à l’occasion du dernier Salon du couscous sa nouvelle gamme de ce mets en couleur. Dans la réalisation de ses commandes en la matière, cette entreprise travaille surtout avec les grands hôtels touristiques de renommée mondiale, installés dans la capitale et ses environs.

Une autre entreprise, Lahlou en l’occurrence, spécialisée aussi dans le couscous traditionnel roulé à la main, également basée à Frikat (Draâ El Mizan), a innové en lançant de son côté sur le marché plusieurs types de produits traditionnels comme le couscous de blé et d’orge, le berkoukès (petits plombs) et autres spécialités très prisées les unes comme les autres. En 2005, faut-il le rappeler, la maison Lahlou avait même réussi le défi de faire parler du couscous algérien en Italie en décrochant le premier prix du Festival international du couscous à San Vito Lo Capo (Italie) devant un des meilleurs pays, sinon le meilleur, Israël en l’occurrence, dans la confection de ce plat nord-africain particulièrement et méditerranéen en général.

Quelque 4368 microprojets ayant généré 6494 emplois ont été créés dans la wilaya de Tizi Ouzou au titre du dispositif de l’Agence nationale de gestion du microcrédit (Angem) et ce, depuis le début de ses activités en 2005. Le financement pour ce nombre de demandes de prêts a été assuré pour un total de 6116 dossiers déclarés éligibles par la commission compétente au cours de cette période, a indiqué Mme Chouachi Nouara, coordinatrice de l’antenne locale de l’Angem.

74% des bénéficiaires sont des femmes

Elle rassure que le reste des demandes est en cours de financement. Sur le nombre de projets ayant abouti, 1977 ont été initiés dans le secteur de l’agriculture. Le reste des activités est réparti comme suit : services (496), BTP (41) et les gâteaux traditionnels (451). Au total, le nombre d’emplois créés à fin août 2010 s’élève à 6494 postes dont 4814 occupés par des femmes (74%) et 1680 par des hommes (25,88%).

La majorité des bénéficiaires de ces prêts, exonérés d’intérêts, se comptent dans les rangs des femmes au foyer, telles que les tapissières, les potières, les couturières et autres artisanes en butte à des difficultés de financement des approvisionnements en matières premières. Rappelons que 10 entreprises Angem, activant dans la wilaya de Tizi Ouzou, ont été primées pour la qualité de leurs prestations durant le Salon de la microentreprise qui s’est tenu en décembre dernier. Pour la pérennisation de ce type d’activités, l’Angem a initié une formation en techniques de gestion au profit d’une vingtaine de promoteurs. D’autres cycles de formation sont programmés pour des périodes ultérieures pour la consolidation des ressources de ces microprojets.

Selon Mme Chouachi, la direction générale de l’Angem a mis en place tous les moyens pour la réussite du dispositif lancé en 2005. «Nous avons installé un bureau dans chaque daïra pour accompagner, orienter et assister le promoteur. Ce sont nos agents qui déposent les dossiers auprès des banques», ajoute notre interlocutrice. S’agissant des facteurs ayant boosté ce dispositif, la responsable de l’antenne de Tizi Ouzou met en avant l’exonération des porteurs de projets du paiement de la Taxe sur l’activité professionnelle (TAP) et de l’Impôt sur le revenu global (IRG), pour une période variant entre 5 et 10 ans, qu’il s’agisse d’activités de prestation de service ou de production, tel que stipulé par la loi de finances 2009.

A l’effet de promouvoir l’information de proximité en la matière, l’Angem, dont le siège est situé à la cité des Fonctionnaires de la ville de Tizi Ouzou, s’est dotée d’une dizaine de cellules d’accompagnement des postulants à son dispositif.

«Nous organisons régulièrement des journées de vulgarisation de proximité en collaboration avec des comités de village et le mouvement associatif et ce, pour toucher le maximum de chômeurs. Pour les femmes qui ont un savoir-faire dans une spécialité quelconque mais ne possédant pas de justification de travail, nous leur délivrons une validation à la Chambre de l’artisanat et des métiers», souligne Mme Chouachi.

Les chiffres de l’Angem font ressortir un engouement remarquable des jeunes femmes pour ces petits métiers, exercés souvent à domicile.Elles constituent en effet 74% des bénéficiaires de ce dispositif depuis sa mise en œuvre en 2005 jusqu’à la fin du mois d’août dernier, avec plus de 4814 femmes sur un total de 6494 bénéficiaires.

Cet intérêt pour l’Angem est à imputer, nous dit-on, aux dispositions et mesures souples prévues par le dispositif, les avantages et exonération d’intérêts sur les crédits octroyés permettant aux promotrices d’investir dans diverses activités artisanales, telles que la couture, la broderie, le couscous roulé à la main, la galette et gâteaux traditionnels, le tricotage, la poterie et autres.

Clés :

-6494 emplois créés par l’Angem depuis 2005, dont 4814 sont revenus aux femmes

-74% des bénéficiaires du dispositif Angem sont des femmes

-211 le nombre de microprojets liés à la fabrication du couscous traditionnel

-30 000 DA montant du microcrédit sans intérêt octroyé

par l’Angem

el watan du 23/10/2010













































21/10/2010

Un gouvernement en panne de stratégie opérationnelle

Ahmed Ouyahia jeudi devant l’APN pour présenter son bilan


Ahmed Ouyahia présentera jeudi 21 octobre devant les députés de l’APN, le bilan de l’action de son gouvernement. Le Premier ministre, qui ne s’est pas exprimé publiquement depuis sa conférence de presse tenue en mars dernier à l’issue du conseil national de son parti, le RND, fera comme le stipule la Constitution une déclaration de politique générale.tsa du 20/10/2010


Sans surprise, Ahmed Ouyahia devrait dresser un bilan positif de l’action du gouvernement qu’il dirige depuis juin 2008. Les chiffres macro-économiques sont globalement bons et en l’absence d’organisme de contrôle sérieux, le gouvernement peut afficher un bilan flatteur sur le chômage, la construction de logements, la poursuite des grands projets, l’amélioration des conditions de vie des Algériens, etc. Dans les faits, le bilan du gouvernement peut se résumer en une phrase : une vision globalement bonne mais pas de stratégie pour la mettre en œuvre.

Les dernières décisions économiques contenues dans la loi de finances complémentaire (LFC) 2009 et confirmées dans la LFC 2010 traduisent une volonté du gouvernement de rendre l’économie plus compétitive et de mettre fin à l’hémorragie des devises issues des exportations d’hydrocarbures. Mais sur le terrain, l’absence d’une stratégie opérationnelle de mise en œuvre de cette politique a produit l’effet inverse. L’économie algérienne n’est pas compétitive et les nouvelles lois ont plombé la croissance non liée aux hydrocarbures.

La loi des 51/49 constitue une belle illustration de cette situation paradoxale. Tous les experts algériens et étrangers le disent : l’esprit de la mesure est intéressant. Le message adressé aux investisseurs étrangers est clair. L’Algérie ouvre son marché à des partenaires qui auront le management de la structure mais souhaite garder le contrôle en matière de rémunération du capital et de distribution des dividendes. Mais l’instauration de cette loi n’a pas été précédée par des mesures pour favoriser son application. En Algérie, le capital privé capable de s’associer à des grands groupes étrangers est quasi-inexistant et les banques publiques continuent d’accorder des prêts selon des critères politiques et non économiques. Du coup l’Etat s’est retrouvé seul face à d’éventuels partenaires étrangers. Mais ces derniers rechignent à s’associer avec des structures publiques, notamment par crainte de lourdeurs dans les prises de décisions. Résultat, la loi 51/49 n’a pas attiré de nouveaux investisseurs.

Jeudi, devant les députés, Ahmed Ouyahia ne sera pas attendu sur son bilan. Les Algériens aimeraient entendre le premier ministre expliquer enfin comment il entend mettre en œuvre sa vision. Comment rendre l’économie nationale compétitive ? Comment trouver du travail à des millions d’Algériens, notamment les jeunes ? Comment profiter du matelas financier actuel pour rendre le dinar convertible et positionner l’Algérie comme leader au Maghreb ? En résumé, quelle est sa stratégie pour l’Algérie ?

19/10/2010

Le plan de Tayeb Louh examiné par la commission des finances et du budget de l'APN


Devant la commission des finances et du budget de l'Assemblée populaire nationale (APN), un exposé détaillé sur le secteur du Travail, de l'emploi et de la sécurité sociale a été présenté dimanche passé par le ministre Tayeb Louh. Ainsi, le ministre a développé les grands axes de son département, qui reposent essentiellement sur la modernisation, l'amélioration des services et prestations et la rationalisation des dépenses. A propos de la réforme du système de sécurité sociale, qui nécessite un équilibre financier, M. Louh a précisé que "l'accent a été mis sur la rationalisation des dépenses des assurances à travers la poursuite de la mise en œuvre de la politique de remboursement des médicaments, l'application du système de tarification référentielle, le renforcement du système juridique pour lutter contre les dépassements et la fraude, la réforme du système de financement de la sécurité sociale et le lancement de la Caisse nationale de recouvrement des cotisations". En termes d'acquis, le secteur compte élargir le réseau des structures de la sécurité sociale, qui compte 1345 structures en 2010, la poursuite du développement du système du tiers payant, dont bénéficient 2.500.000 personnes, la modernisation des cliniques spécialisées, la création de quatre centres régionaux de radiologie et d'imagerie médicale ayant bénéficié à 72.000 assurés sociaux, des centres régionaux d'archives, la création d'une école nationale de la sécurité sociale et d'un deuxième centre de personnalisation de la carte électronique Chifa. En outre, le ministre a mentionné que de la généralisation du système de la carte Chifa se poursuivra, tout en relevant que 4.700.000 cartes ont été délivrées. S'agissant de la politique de l'emploi engagée par son département, M. Louh explique que l'encouragement de la création des entreprises par les jeunes, l'appui aux investissements générateurs d'emplois, la modernisation des organismes chargés de l'emploi, représentent des outils efficaces dans la lutte contre le chômage d'un côté, et de l'autre côté, ces outils aideront certainement à la concrétisation du programme visant la création de trois millions d'emplois d'ici à l'horizon 2014. En communiquant des statistiques, le ministre a fait savoir que le taux de chômage a reculé de 15,3 % en 2005 à 10,2 % en 2009.

Par ailleurs, après avoir entendu l'exposé, la commission a attiré l'attention du ministre sur quelques questions telles que les pratiques de certaines sociétés étrangères vis-à-vis des travailleurs algériens, les problèmes que rencontre le projet carte Chifa et les entraves qui entourent le financement des projets par les banques.

S. Aidli le maghreb économique du 19/10/2010




Course pour le pouvoir et défense des privilèges : FLN : la guerre des clans fait rage


Kasmas saccagées, militants tabassés, responsables contestés. Le FLN est en pleine agitation. Depuis quelques semaines, il vit une situation convulsive qui nous rappelle l’«opération dobermans» qui avait enclenché le mouvement de redressement, en 2003, contre l’ancien secrétaire général destitué, Ali Benflis. Des responsables au parti, des sénateurs, des maires et des élus locaux descendent dans l’arène pour défendre leurs «intérêts et privilèges». Pour ce faire, ils n’hésitent pas à user des procédés les plus violents. Les rivalités et les désaccords tournent parfois au vinaigre. Ce qui s’est passé, il y a quelques jours, à Annaba illustre on ne peut mieux cet état d’esprit qui règne désormais au sein de l’ex-parti unique. L’attachement aux postes de responsabilité conduit parfois à la violence. Certains cadres dirigeants, au niveau national comme au niveau local, ne se gênent plus à employer la force des baïonnettes pour y rester.

C’est ce qu’a tenté de faire le sénateur FLN, Mohamed Salah Zitouni, jeudi dernier à Annaba, après avoir perdu «sa» mouhafadha par décision de justice. Son statut de membre de la chambre haute du Parlement ne l’a pas empêché d’être dans le feu de l’action et de diriger une meute de jeunes contre le siège de la mouhafadha dans le but de déloger les «indus occupants».

Ainsi, au FLN, la violence semble érigée en un véritable acte de militantisme. C’est le moyen le plus en vue des «militants», voire de «prestigieux» cadres dirigeants pour exprimer leur désaccord ou leur mécontentement. Cette lutte «fratricide», qui semble à ses débuts, a déjà fait couler le sang de quelques militants.

Samedi dernier, la kasma de Hydra s’est transformée en champ de bataille entre deux «clans» rivaux. Le pire a été évité de justesse par l’intervention des services de l’ordre.

Les affrontements qui ont secoué la paisible ville de Hydra se sont soldés par plusieurs blessés. Comme à Annaba et Alger, le renouvellement des instances régionales et locales du parti, dans d’autres wilayas, se fait à coups de poing. De Bouira à El Oued en passant par Oran, les séances dédiées à l’installation des nouveaux responsables des kasmas et des mouhafadhas tournent à la violence. Une violence qui déborde souvent sur la voie publique.

Ces tiraillements, qui n’ont jamais quitté le parti depuis le mouvement de redressement de 2004, s’accentuent à l’approche des échéances électorales de 2012. La guerre des listes de candidatures semble déjà commencée, provoquant une situation explosive au sein du parti. Principal appareil du pouvoir, le FLN permet un accès rapide et facile au «pouvoir électif» qui ouvre la voie à toutes sortes de privilèges. Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du parti depuis le 8e congrès, dit rassembleur, de 2005, a toujours considéré ces troubles comme «un signe de bonne santé» du FLN.

Pour lui, les contestations et les affrontements entre militants n’expriment nullement un désaccord politique. Mais nombre de militants et de hauts cadres du parti estiment que le FLN traverse actuellement une «crise morale» qui nécessite un traitement «urgent». Il ne peut y avoir, selon eux, de renouvellement des instances du parti sans que les conditions soient réunies. Ils dénoncent par là même la cooptation, l’exclusion et une mainmise de Belkhadem sur le parti.

Certains parmi les cadres du parti mènent actuellement un mouvement de redressement pour remettre le FLN sur les rails. Se sont ralliés à ce mouvement des ministres, des députés et des sénateurs. Y figurent aussi d’anciens collaborateurs de Belkhadem comme Saïd Bouhedja, ex-porte-parole du FLN. Ce mouvement va-t-il durer ? Sera-t-il appuyé et soutenu par d’autres cadres militants en désaccord avec la direction actuelle ? S’agit-il d’une contestation interne ou d’un mouvement politique plus global, en précision de probables futurs changements politiques ? Autant de questions qui méritent d’être posées tant le FLN, principal appareil du pouvoir, est au centre des luttes claniques.
Mokrane Ait Ouarabi- El watan du 18/10/2010